La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) enchaîne les négociations avec les opérateurs retenus dans le cadre de son cycle de promotion des blocs libres du domaine pétrolier et gazier national. Au terme de deux journées de discussions tenues les 20 et 21 août 2026 au siège de l’entreprise à Yaoundé, la SNH et Murphy Oil Corporation sont parvenues à un accord sur les points constitutifs de leurs futurs Contrats de Partage de Production (CPP). Le procès-verbal a été signé par Nathalie Moudiki, Conseiller N°2 de la SNH, représentant l’Administrateur-Directeur Général de l’entreprise, et par Simon Payne, Vice-Président de Murphy Oil Corporation.
Cet accord fait suite à l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé le 1er août 2025 par la SNH, portant sur neuf blocs libres répartis entre les bassins du Rio del Rey et de Douala-Kribi-Campo. Au terme de ce processus, la filiale Murphy West Africa Ltd avait été retenue pour quatre blocs situés dans le bassin Douala-Kribi-Campo : Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem. Le cinquième bloc, Bolongo Exploration, dans le Rio del Rey, avait été attribué à Octavia Energy Corporation, dont le CPP a déjà été finalisé le 14 août dernier.
Coté à la Bourse de New York, Murphy Oil Corporation dispose d’un portefeuille multi-bassins qui s’étend du Golfe du Mexique au Vietnam, en passant par la Côte d’Ivoire et la Guinée équatoriale. Son arrivée sur les blocs offshore du bassin Douala-Kribi-Campo, jugé prometteur sur le plan gazier mais encore peu exploré, marque un renforcement de sa présence dans le Golfe de Guinée.
Pour Yaoundé, l’enjeu dépasse la simple signature de contrats. La production pétrolière nationale plafonne autour de 60 000 barils par jour, portée par des champs matures du Rio del Rey en déclin progressif. Le renouvellement des réserves conditionne directement la pérennité des recettes pétrolières dans le budget de l’État, dans un contexte où le Fonds Monétaire International anticipe une érosion continue de ces recettes sur la période 2026-2027.
Les points d’accord-parties conclus à Yaoundé constitueront l’ossature des futurs CPP entre l’État du Cameroun et la major américaine, dont la signature officielle est désormais attendue. Selon une lettre récente adressée par Murphy Oil à ses actionnaires, le groupe ambitionne de finaliser ses contrats camerounais avant la fin de l’année 2026, en parallèle d’un processus similaire engagé en Mauritanie.
Reste que l’attribution des blocs ne vaut pas démarrage des travaux. Les CPP devront encore fixer les engagements techniques et financiers de l’opérateur, les programmes de forages exploratoires, ainsi que les clauses relatives au contenu local et à la protection de l’environnement marin du Golfe de Guinée, des exigences déjà intégrées dans l’accord signé avec Octavia Energy pour le bloc Bolongo.
