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Raffiner à nouveau le pétrole camerounais, réhabiliter l’existant, des éléments nouveaux que prépare Yaoundé pour une Sonara new-look qui coutera plus de 300 milliards FCFA

by EDC
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Au sujet des coûts, qui sont encore estimatifs, la reconstruction et la modernisation de la Société nationale de raffinage (SONARA) coutera plus de 300 milliards de FCFA.

C’est depuis le 31 mai 2019 qu’une bonne partie de la Société nationale de raffinage (Sonara) est partie en fumée. Six ans plus tard, les camerounais attendent toujours que l’unique raffinerie actuelle du pays recommence à fonctionner dans sa plénitude. L’élément le plus voulu est la réhabilitation de ce qui avait été impacté par les flammes.

La reconstruction de cette infrastructure dans sa partie sinistrée avait d’abord été évaluée à 250 milliards de FCFA. Seulement, le 26 novembre 2025, lors de la présentation à l’Assemblée nationale du programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’année 2026, un nouveau coût a été révélé par le Premier ministre, qui annonce désormais une enveloppe de 300 milliards de FCFA.

Des informations d’Economie du Cameroun, il ressort que plusieurs estimations ont été faites par le passé. Deux d’entre elles tournaient autour de 250 milliards. « C’était il y a 6 ans. Entre temps, les unités existantes non sinistrées sont conservées, mais la conservation n’empêche pas certaines dégradations auxquelles il faut remédier. De même, certaines améliorations du process qui peuvent être apportées sans impacter le délai de remise en service sont intégrées. Et je ne parle même ici pas de l’évolution des prix du matériel », explique une voix autorisée. Qui ajoute, « parlons des 300 milliards, c’est uniquement pour l’étape un. »

Depuis la survenue de cet incendie, la direction générale de l’entreprise et le pouvoir central du Cameroun ont développé un plan à trois étapes pour redonner une Sonara new-look. La première étape porte sur la réhabilitation de l’existant (avec quelques améliorations) pour une reprise rapide du raffinage en fin 2027. La deuxième étape, c’est la finalisation de ce qui était à la « phase 2 du projet Sonara 2010 », et qui consiste bel et bien en la modernisation (avec construction d’un hydrocraqueur), plus quelques ajouts pour satisfaire les spécifications des produits finis qui deviennent plus restrictives. « Nous prévoyons l’exploiter en fin 2030 », souffle-t-on.

 Et en fin, la troisième étape, « que nous avons souhaité rajouter dans nos perspectives, porte sur l’agrandissement, avec la construction d’un second train complet de raffinage, pour doubler la production, et être capable de couvrir les besoins du marché camerounais jusqu’en 2050 et plus. »

Ainsi donc apparait un engagement que le top management de la Sonara et le pouvoir de Yaoundé ne veulent pas encore rendre public. Celui de ne pas réhabiliter uniquement la Sonara, ce qui n’est pas une fin en soi. L’objectif le plus recherché est de moderniser, d’agrandir cette infrastructure véritable épine dorsale de l’économie camerounaise. « Si on attend de boucler la réhabilitation et la modernisation en un seul tenant, on est parti pour de longues années. Ce que nous souhaitons faire, c’est recommencer à raffiner le pétrole brut à relativement court terme, ce qui fait que la modernisation (pour laquelle d’ailleurs une étude APS (avant-projet sommaire) est en cours, poursuit sa maturation, et sera plus facile à implémenter 2 à 3 ans plus tard sur une usine déjà en fonctionnement. » 

Dans l’opinion camerounaise, est répandue une idée. Celle qui soutient que la Sonara ne saurait raffiner, faute de capacités, les trois différents types de pétrole camerounais que sont le Kolé, le Lokolé et l’Ebomé. Des noms en lien avec les différents endroits où cet or noir est extrait. Mais de l’avis de notre source, « c’est faux. Elle l’a fait à sa création à 100 %. Je pourrai expliquer plus tard pourquoi la proportion de brut camerounais raffiné par la Sonara a baissé dans les années 90. Mais jusqu’en 2019, nous étions à environ 20 % de brut camerounais parmi les bruts que nous raffinions. En d’autres termes, la réhabilitation n’est pas choisie contre la modernisation. La réhabilitation est une étape (obligée) vers la modernisation. »

Même si les acteurs importateurs des produits pétroliers pourraient regarder avec suspicion cette modernisation en cours de téléchargement de la Sonara, il leur rappelé que « la reprise du raffinage a l’avantage de faire baisser la pression du manque de devises sur le Cameroun et toute la zone CEMAC – car importer des produits finis est bien plus devisivore qu’importer une partie de la matière première pour fabriquer sur place ces produits finis – de redonner du tonus à tout le tissu économique aujourd’hui sinistré qui se greffait sur la raffinerie, de redonner vie à toute une région, et de permettre d’ores et déjà la remise à niveau du personnel exploitant qui sera appelé plus tard à prendre en charge l’usine modernisée en ayant déjà une très bonne maîtrise de l’existant. »

Aloys Onana

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