Leur processus d’acquisition est en cours, le ministre de l’Eau et de l’énergie jure que tout le monde sera obligé de payer ce qu’il aura consommé comme énergie électrique.
Gaston Eloundou Essomba, le ministre de l’Eau et de l’énergie (Minee) fait une confession. Parmi les plus gros consommateurs de l’énergie électrique et qui sont également sur la liste des mauvais payeurs, figurent des entités publiques. Du fait ces retards, l’énergéticien Eneo fait face à de profonds manques financiers.
A titre illustratif, avance le membre du gouvernement, la société Eneo encaisse mensuellement 31 milliards de FCFA contre des engagements de 44 milliards de FCFA, soit un déficit permanent mensuel de 13 milliards de FCFA à résorber. Cette situation, poursuit le Minee, entraine le non-paiement, le non-respect des engagements d’Eneo vis-à-vis de ses fournisseurs (Sonatrel, EDC, IPP) occasionnant inéluctablement un sous-investissement dans toute la chaine de valeur dans le secteur de l’électricité. « Ce sous-investissement se matérialise entre autres par des délestages récurrents et une mauvaise qualité du service. La renationalisation a donc pour priorité la recherche de l’équilibre financier du secteur, garant du retour des investissements massifs dans le sous-secteur », confie le Minee aux membres du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam).
Les 100 premiers jours
C’est depuis le 19 novembre 2025 (voir ici) qu’Eneo est redevenue entièrement camerounaise. En attendant la nomination de l’équipe managériale, le gouvernement a déjà établi les défis à relever durant les 100 premiers jours. Dans le détail, il sera engagé des négociations avec les banques locales pour convertir les prêts actuels en emprunts amortissables sur une période plus longue. « De façon concrète, l’encours des dettes et crédits de trésorerie de près de 177 milliards pourrait donc être refinancé par un pool de banques sur une maturité de 7 ans avec 2 années de grâce pour un gain escompté de 2,5 milliards de FCFA/ mois pour le capital et 200 millions de FCFA/mois sur les intérêts », indique le Minee.
Un autre engagement qui demandera que le futur Directeur général d’Eneo soit une femme/un homme pugnace, emmener les entités publiques à payer à temps, leurs consommation. Ici, « l’Etat s’engage au paiement régulier des factures des entités publiques en traitant la facture d’électricité au même titre que les salaires pour les établissements publics et la retenue à la source, pour les entreprises publiques bénéficiant des acomptes. Ces mesures pourraient apporter un minimum 2 milliards de FCFA par mois. »
La lutte contre la fraude et les retards imposés par de gros consommateurs mais payeurs retardataires est dans le pipe. « L’Etat va entamer une lutte sans merci contre la fraude pour réduire les pertes commerciales qui représentent environ 60 milliards de FCFA de pertes par an. C’est à ce titre que 8 000 compteurs intelligents commandés par le gouvernement seront installés dans les postes MT/BT (moyenne tension/ basse tension) permettant la gestion des flux. Le gain attendu est d’environ 500 millions de FCFA par mois pour cette première année. »
D’autres mesures sont programmées, comme la conversion du post-paid au prepaid. Cette conversion, analyse le Minee, passe par la poursuite de la migration de 1 334 908 compteurs post-payés en prépayés. A cet effet, les travaux de migration de 50 000 compteurs en 2026 sont en cours. Cette opération va générer une avance de trésorerie de 200 millions FCFA par mois et un gain d’environ 20 millions de FCFA par mois en diminution des charges liées à la relève et la distribution des factures.
Au cours des 100 premiers jours, certains coûts opérationnels compressibles d’Eneo seront réduits de moitié. Ils passeront de 7 à 3,5 milliards de FCFA par an, soit un gain mensuel de l’ordre de 300 millions de FCFA.
« En fin 2027, l’ensemble de ces opérations entamées pourraient générer des revenus prévisionnels additionnels cumulés mensuels de 9,083 milliards FCFA. De plus, les charges vont connaître une baisse de 3.853 milliards de F CFA (soit une réduction de charge en 2026 de 2,5 milliards et des recettes supplémentaires de l’ordre de 4.5 milliards). Faisant ainsi passer les charges de 44 à environ 40,147 milliards de FCFA. Le secteur pourra ainsi couvrir le gap de 13 milliards de FCFA dès 2027. Ces résultats ne seront possibles que si l’ensemble des actions susmentionnées sont mises en œuvre. »
Au-delà des 100 premiers jours, confie le Minee, il y a d’autres actions comme la poursuite de l’élargissement de la base clientèle des industriels à travers une nouvelle phase de travaux qui va être lancée dès cette année 2026 pour le raccordement des industriels dès 2027. C’est environ 50 MW additionnels qui pourront être facturés pour un gain mensuel de l’ordre de 1,2 milliard de FCFA.
A.O



