Home »  Bataille des ports : CMA CGM et Maersk se disputent l’hinterland camerounais

 Bataille des ports : CMA CGM et Maersk se disputent l’hinterland camerounais

by EDC
0 comment

Sur un volume total analysé de 294 299 équivalents vingt pieds (EVP), le Cameroun s’impose naturellement comme le mastodonte domestique, captant près de 67 % des flux.

Le paysage du transport maritime en zone CEMAC connaît une mutation profonde, portée par l’intelligence artificielle et l’ascension fulgurante du port en eau profonde de Kribi. Selon une analyse exclusive des Connaissances (BL) traitée par Softis Pakazure, le duel fratricide entre Douala et Kribi redessine les parts de marché des armateurs, plaçant le Tchad au cœur d’une guerre de transit sans merci où Maersk et CMA CGM jouent des coudes pour la suprématie régionale.

L’économie maritime du golfe de Guinée n’est plus une affaire d’intuition, mais une science de données brutes. Sur un volume total analysé de 294 299 équivalents vingt pieds (EVP), le Cameroun s’impose naturellement comme le mastodonte domestique, captant près de 67 % des flux. Pourtant, derrière ces chiffres imposants, c’est une géographie de la puissance qui se dessine. Le port de Douala, leader historique, conserve encore 62,5 % du trafic grâce à sa proximité avec le tissu industriel local, mais il sent désormais le souffle chaud de Kribi, la plateforme de demain qui s’accapare déjà plus de 110 000 EVP.

Dans ce théâtre d’opérations, l’armateur français CMA CGM a fait un pari audacieux : celui de la « Forteresse Kribi ». En y contrôlant 52 % de parts de marché, le groupe marseillais a transformé le port en eau profonde en son hub régional incontesté. Cette stratégie porte ses fruits puisque CMA CGM domine le marché camerounais avec 30 % des volumes, reléguant son rival italo-suisse MSC à la seconde place. Mais si CMA CGM règne sur la côte, la bataille pour l’hinterland tchadien raconte une tout autre histoire.

Le Tchad, véritable poumon du transit régional avec 82 733 EVP, est devenu le « jardin d’Éden » de Maersk. Le géant danois y exerce une domination nette, captant 42 % du marché. Ce succès insolent repose sur une stratégie de « Door-to-Door » particulièrement efficace, capable de défier les contraintes logistiques du corridor. Maersk ne se contente plus de sa base arrière ; l’armateur commence à investir massivement le port de Kribi pour ses flux vers N’Djamena, brisant ainsi le monopole de fait de CMA CGM sur ce segment spécifique avec une montée en puissance de 44 % de parts de marché sur l’axe Kribi-Tchad.

Pendant ce temps, la République Centrafricaine reste un marché de niche, mais stratégique, où CMA CGM tire profit de sa force logistique à Kribi pour capter 33 % des flux. Ce qui frappe dans cette analyse, c’est la spécialisation croissante des pôles : Douala demeure le fief de MSC pour les gros volumes de proximité, tandis que Kribi devient le verrou stratégique de CMA CGM. Entre ces deux géants, des outsiders comme Hapag-Lloyd parviennent à exister en grignotant 11 % du marché camerounais, prouvant que la compétition reste ouverte. La logistique en Afrique Centrale n’est plus un long fleuve tranquille, c’est une partie d’échecs où chaque conteneur compte.

Albright Fandono

You may also like

Leave a Comment

Economie du Cameroun

Bulletin d'Information

Abonnez-vous à notre newsletter pour de nouveaux articles de blog, des conseils et de nouvelles publications. Restons à jour!

Articles Récents

@2022 – Tous Droits Réservés. Conçu et Developpé par DesignItechs