Le président du Syndicat des Industriels du Cameroun (SYNDUSTRICAM) exprime sa profonde préoccupation face aux graves perturbations observées depuis plusieurs semaines dans le processus de scanning des conteneurs au Port de Douala-Bonabéri.
C’est un bras de fer qui commence à exaspérer les milieux d’affaires. Malgré les directives du premier ministre chef du gouvernement le 29 janvier, (voir ici), la situation s’est un peu plus complexifiée sur la place portuaire de Douala. Les exportateurs comme importateurs paient doublement, avec une particularité : ceux qui ne s’acquittent pas des frais nécessaires du scanning chez Transatlantic D ne peuvent pas sortir de l’enceinte portuaire.
Pour Samuel Njanga Kondo, le président du Syndicat des Industriels du Cameroun (Syndustricam), il faut arrêter le massacre. « A date [ 02 février 2026, Ndlr] et sur le plan opérationnel, la situation actuelle se traduit notamment par : la facturation et le paiement effectif des frais de scanning auprès de l’opérateur TRANSATLANTIC ; le maintien, dans les systèmes douaniers, de l’exigibilité de frais de scanning au profit de l’opérateur SGS Scanning Cameroun SA dont les installations ne sont plus opérationnelles, l’impossibilité d’obtenir la mainlevée et l’enlèvement des conteneurs sans s’acquitter de ces deux charges cumulatives, entraînant surestaries, pénalités, retards d’approvisionnement et perturbations majeures de la production. Cette situation, qui perdure depuis près d’un mois, constitue une charge financière anormale, injustifiée et économiquement insoutenable, dans un contexte déjà marqué par de fortes contraintes fiscales, logistiques et financières pesant sur l’industrie nationale », souligne le patron des industriels du Cameroun.
Le Syndustricam exprime sa douce colère, et en profite pour passer un message aux protagonistes qui se prouvent leurs réseaux d’influence au détriment de l’avancée de l’économie nationale et sous régionale. « Face à cette impasse, le Syndustricam appelle solennellement les autorités compétentes à rétablir sans délai la cohérence entre les décisions administratives, les dispositifs techniques et les systèmes de paiement, afin de mettre un terme immédiat au double paiement imposé aux entreprises, plaide pour un retour rapide à un cadre opérationnel unique, clair et juridiquement sécurisé, garantissant la fluidité des opérations portuaires et la continuité de l’activité économique. »
Les industriels du Cameroun par la voix de leur président ébauchent des pistes de solution, en attendant une sortie de crise définitive. « A titre transitoire et pragmatique, la mise en œuvre de mesures conservatoires, parmi lesquelles la mise en place d’un mécanisme de consignation ou de compte séquestre auprès d’une institution agréée, permettant aux entreprises de déposer les frais de scanning contestés sans que ceux-ci ne conditionnent l’enlèvement des marchandises, la reconnaissance formelle d’un régime de force majeure administrative, ouvrant droit à la levée des pénalités, à la neutralisation des surestaries et à la suspension des exigences devenues matériellement ou juridiquement non exécutables pendant la période de crise. »
Aloys Onana



