L’autonomie technique des collectivités territoriales décentralisées entre dans une phase opérationnelle. Réuni en session extraordinaire le 20 février 2026 à Yaoundé, le conseil d’administration du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) a validé le calendrier de livraison d’un parc de matériel de génie civil sans précédent. Ce programme représente un investissement total de 48 milliards 254 millions 334 mille 240 FCFA.
Sous la direction de Georges Elanga Obam, ministre de la Décentralisation et du développement local, cette assise a réuni un quorum gouvernemental élargi, incluant les portefeuilles des Finances, de l’Économie et des Travaux Publics, soulignant l’enjeu financier et structurel du dossier.
L’architecture financière du projet repose sur un partenariat bancaire international. Le financement est porté par la Standard chartered Bank et bénéficie de la garantie de l’institution américaine US Eximbank. Cette structure de financement permet l’acquisition de 263 engins de dernière génération.
Ce déploiement logistique vise à corriger le déficit d’équipements qui freine actuellement le développement des infrastructures locales. Les communes disposeront ainsi de leurs propres leviers pour la création de routes, l’aménagement urbain et l’extension des réseaux d’eau potable, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des prestataires externes et des délais de passation de marchés.
Le chronogramme de réception du matériel est déjà stabilisé. Le port de Douala accueillera une première livraison de 40 engins dès le mois d’avril prochain. La cadence s’accélérera avec l’arrivée de 150 équipements en juillet, suivis de 68 autres au mois d’août 2026. La phase terminale de l’opération se conclura en juin 2027 avec la réception de cinq unités de concassage. Ce cadencement industriel doit permettre une montée en charge progressive des capacités d’intervention des mairies sur l’ensemble du territoire national.
Au-delà de l’aspect matériel, les autorités camerounaises ont insisté sur la gestion rigoureuse de ce patrimoine. La présence des directeurs de la Caisse autonome d’amortissement et du Parc national de matériel de génie civil lors des débats indique une volonté de sécuriser la maintenance et l’amortissement de cette dette.
Les membres du gouvernement se sont engagés à accélérer les procédures administratives restantes. Ce projet de 48 milliards de FCFA se positionne comme un pivot de la stratégie de décentralisation, visant à transformer les communes en véritables pôles d’exécution technique pour les travaux de proximité.



