La place financière de Douala s’apprête à devenir, le temps d’un cycle de quarante-huit heures, l’épicentre des réflexions sur l’architecture financière de l’Afrique centrale. Sous l’impulsion de La Lettre SARL, la quatrième édition des CEMAC’s Capital Markets Awards (CCMA) pose un diagnostic sans complaisance sur les besoins en capitaux des six États membres de la zone. Le thème retenu, « Financement de la croissance économique des pays de la zone CEMAC par le marché financier », souligne la nécessité d’une transition d’une économie d’endettement bancaire vers une économie de marchés financiers.
Cet exercice 2026, rappelle, Salomon Douala Epalè, Directeur de publication du journal spécialisé ‘’La Lettre de la Bourse’’ qui était face à la presse ce 6 avril à Douala, revêt une dimension symbolique particulière avec la célébration du vingtième anniversaire de l’introduction à la cote de la Société des Eaux Minérales du Cameroun (SEMC). Ce titre pionnier, première action cotée de la sous-région, rappelle la genèse de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) et sert de point d’appui pour analyser la profondeur du marché secondaire actuel. Au-delà de la mémoire, les organisateurs entendent transformer ce jalon en une projection vers l’avenir, où la capitalisation boursière doit refléter plus fidèlement le produit intérieur brut régional.
Le colloque international prévu le 23 avril au Krystal Palace Hôtel à Douala abordera les problématiques techniques liées à la mobilisation de l’épargne locale. Les experts se pencheront sur l’optimisation des leviers fiscaux, condition sine qua non pour attirer les investisseurs institutionnels et sécuriser les placements des épargnants particuliers. L’enjeu technique, a souligné Dr Louis Banga-Ntolo, Directeur général de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) réside dans la structuration d’un environnement capable de transformer les dépôts à vue en ressources longues, indispensables au financement des infrastructures et de l’industrialisation.
La transformation digitale constitue l’autre axe majeur de cette édition. La dématérialisation des titres et la digitalisation de la souscription aux valeurs du Trésor et aux obligations privées visent à capter la liquidité détenue par les millions d’utilisateurs de services de paiement mobile. Ce pont technologique est perçu comme le vecteur principal de l’inclusion financière et de la démocratisation de l’accès au capital pour les PME et les startups de la sous-région.
Le cycle s’achèvera par une soirée de gala consacrée à l’excellence opérationnelle. Cette cérémonie de distinction récompensera les acteurs les plus performants du compartiment action et obligataire : régulateurs, sociétés de bourse et émetteurs. Ce rendez-vous institutionnel permet de consolider la confiance entre les donneurs d’ordres et les autorités monétaires, notamment la BEAC et la COSUMAF, partenaires de l’événement. En réunissant les dirigeants financiers et les décideurs publics, les CCMA s’imposent comme l’instrument de communication stratégique indispensable à la vulgarisation de la culture boursière en zone CEMAC. La RCA, le Gabon, le Tchad et des investisseurs internationaux sont annoncés pour cette édition 2026.



