Le budget d’investissement, lui, est en baisse et passe de 35,7 % à 35,5 %.
Le budget du Cameroun pour l’exercice 2026 est encore en discussion à l’Assemblée nationale. Les jours prochains, chaque membre du gouvernement devra passer devant les députés et sénateurs pour défendre leur enveloppe. En attendant ces moments qui durent souvent des nuits entières, l’on a déjà une idée globale de ce que le Cameroun envisage en recettes et dépenses l’année prochaine, voir ici.
Quelques détails de ce budget consultés par Economie du Cameroun révèlent de nombreuses innovations, mais aussi quelque statuquo qui ont l’air d’un profond changement. C’est le cas de la ligne 94, et suivants, qui ont fait des gorges chaudes ces trois dernières années, car perçues comme des poches de détournements et de corruption.
Le gouvernement à ce sujet bouge tout, mais ne change rien. « La suppression des chapitres communs et leur remplacement par 2 dotations consacrées aux dépenses accidentelles et imprévisibles logées respectivement au Minfi (fonctionnement) et au Minepat (investissement). »
La suite de ce projet de loi de finance indique le changement du mode de présentation des budgets de certaines institutions de souveraineté, désormais libellé sous forme de dotation. En clair l’on ne dira plus, à titre illustratif, « le budget du ministère des Finances » « de la Défense » « Relations extérieures », mais plutôt de dotation.
D’autres innovations sont à la pelle. C’est le cas de l’éclatement du Fonds de reconstruction des Régions de l’Extrême Nord, du Nord-Ouest, Sud-Ouest en deux Fonds distincts, pour une « meilleure efficacité ». Également en vue, le désir de Paul Biya de faire un clin d’œil aux femmes et aux jeunes, auxquels il a promis une attention particulière lors de sa prestation de serment, après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Ainsi, est prévu dans le budget 2026 la création d’un Fonds spécial pour le soutien de l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi des jeunes. Ici, sera affectée une enveloppe de 50 milliards de FCFA. Des nouvelles, parmi tant d’autres comme le budget d’investissement public (BIP) qui représente 35,7 % des dépenses primaires contre 35,5% en 2025. « Par rapport au budget de l’Etat, la part du BIP baisse à 22,8 % contre 24,2% en 2025 », signale-t-on.
Aloys Onana



