Le 27 mars 2026, Yaoundé est devenue le centre névralgique des discussions sur l’avenir du commerce inclusif. Sous l’égide du Centre du commerce international (ITC) et avec l’appui du Centre du commerce pour le développement durable, une session ministérielle a réuni des représentants des Amériques, de l’Europe et de l’Afrique. Outre Achille Bassilekin III, la Secrétaire d’État suisse aux affaires économiques, Monica Ribiolo, et la ministre costaricienne du Commerce et de l’Industrie, Patricia Rojas, ont apporté une perspective intercontinentale aux enjeux de régulation commerciale.
Le constat dressé lors des échanges souligne une asymétrie persistante dans l’architecture du commerce mondial. Les structures actuelles de l’Organisation mondiale du commerce privilégient les flux de capitaux et de marchandises des grandes firmes transnationales. Les PME se heurtent à des barrières à l’entrée spécifiques. Ces obstacles incluent la gestion des enquêtes antidumping, l’accès aux données de marché et la compréhension des normes techniques. Pour le ministre camerounais, l’intervention des États est nécessaire pour transformer ces freins en leviers de croissance, par une assistance institutionnelle directe.
L’évolution du cadre normatif au sein de l’OMC témoigne d’une prise de conscience progressive. Le groupe de travail sur les PME, instauré lors de la conférence de Buenos Aires en 2017, a franchi une étape de structuration. La réunion de Yaoundé a servi de plateforme d’évaluation des engagements pris à Johannesburg en juillet 2025. Trois axes opérationnels guident désormais l’action multilatérale : l’accès au financement, la transition écologique et la transformation numérique.

Sur le plan national, le Cameroun déploie des outils de politique publique pour aligner son tissu économique sur ces standards mondiaux. Le tissu industriel local, composé à 99,8 % de PME, nécessite une infrastructure financière dédiée. La mise en place d’une banque publique de financement des PME et l’exécution du Plan d’accélération de la transformation numérique (PATNUC) constituent les piliers de cette stratégie de mise à niveau. Ces initiatives reçoivent le soutien technique de la Banque mondiale, visant à renforcer la compétitivité des produits locaux sur les marchés extérieurs.
Escipion Oliveira-Gomez, représentant de l’ITC, a rappelé que les problématiques de formalisation et de capacité productive sont communes aux économies en développement et développées. La vision de l’institution consiste à placer les PME au centre des négociations de l’OMC afin qu’elles cessent d’être des spectatrices des accords commerciaux pour en devenir des acteurs de premier plan. L’objectif est de garantir que la participation au système multilatéral génère des exportations effectives de biens et de services à forte valeur ajoutée.
La session de Yaoundé préfigure les orientations de la deuxième Conférence ministérielle mondiale des PME prévue pour 2027. Les conclusions issues des travaux du 27 mars 2026 visent à redéfinir les règles du commerce international. Cette dynamique aspire à établir un environnement économique plus équitable, où l’intégration aux chaînes de valeur mondiales devient un vecteur de développement durable pour l’ensemble des pays membres de l’OMC.



