Cette belle prise a eu lieu le samedi 22 mars 2025, sous le cachet des Éléments de la Brigade Commerciale des Douanes d’Idenau. Le Commandant Achille kamdem Mouofo, Commandant du Groupement Actif des Douanes du Sud-Ouest [photo], revient notamment sur les circonstances de cette saisie marquante. Interview exclusive.
Qu’est-ce que les précurseurs chimiques et pourquoi les saisit-on en douane?
Les précurseurs chimiques désignent communément des marchandises à double usage, des substances chimiques ou organiques pouvant être acquises facilement sur le marché et qui, mélangées entre elles ou avec d’autres produits, peuvent devenir hautement explosives. Les terroristes s’en servent pour fabriquer des Engins Explosifs Improvisés (EEI).
La Douane, dans sa mission sécuritaire, veille à empêcher l’introduction de ces substances sur le territoire national, surtout dans notre Région où sévit une grave crise sécuritaire depuis quelques années et dans laquelle plusieurs éléments des FDS (forces de défense et de sécurité) et même des populations civiles ont perdu la vie du fait des EEI.
Comment est-ce que la saisie de ces précurseurs chimiques a été faite samedi dernier à Idenau ?
La saisie de samedi dernier est le fruit d’une part du professionnalisme de Eléments de la Brigade Commerciale des Douanes d’Idenau, dont l’attention a été attirée par la curieuse façon dont les colis ont été emballés, et d’autre part de la connaissance de ces personnels des précurseurs chimiques d’EEI. En contrôlant les marchandises en cours de chargement des navires artisanaux pour les camions stationnés dans l’espace portuaire, nos braves hommes sont tombés sur divers précurseurs chimiques d’EEI. Ils étaient dissimulés sous des sacs de polyéthylène et sont constitués ainsi qu’il suit : Chlorate de potassium : 79 sacs de 25kg chacun, Sodium per Sulfate : 21 sacs de 50 Kg chacun, Sulfate de cuivre : 03 sacs de 25 Kg chacun, Polyéthylène : 304 sacs de 25 kg chacun. [Calculette en main, soit un total de 10,7 tonnes, Ndlr].
Quelles dispositions avez-vous prises pour réduire les risques d’introduction de ces produits dangereux sur le territoire national ?
Nous recevons, depuis quelques années, des formations à la reconnaissance des précurseurs chimiques. Tous ces enseignements théoriques et pratiques sont transmis ensuite à nos collaborateurs des Brigades Commerciales et Mobiles. Ils sont bien outillés et peuvent aisément détecter les précurseurs chimiques entrant dans la fabrication des EEI.
C’est le lieu de remercier ici l’Ambassade des États-Unis qui nous a permis d’acquérir de nouvelles connaissances en la matière en Novembre 2024, au travers de deux formations, et INTERPOL à travers le projet CHASE. Il faut surtout relever que l’OMD (Organisation mondiale de la douane) a identifié un certain nombre de marchandises qualifiées de précurseurs chimiques, dont la liste nous sert de base de données. Nos opérationnels possèdent cette liste pour une répression sur le terrain. Les transporteurs sont en outre régulièrement sensibilisés sur leur responsabilité dans la lutte contre l’importation frauduleuse de ces produits et de diverses autres prohibitions.
La lutte contre les EEI est permanente et concerne tout le monde. Nous continuerons, avec la collaboration de tous les autres acteurs du dispositif de sécurité et sous le management de la hiérarchie, à jouer notre partition pour neutraliser la circulation des précurseurs chimiques et toutes les menaces ambiantes à la paix, à la sécurité et à la prospérité.
Quel est le plan global de lutte contre la contrebande et les trafics illicites par voie maritime au Secteur des Douanes du Sud-Ouest ?
Le plan de surveillance maritime du Secteur des Douanes du Sud-Ouest est exécuté dans le cadre de la mise en œuvre de la convention MINFI-MINDEF relative à la surveillance douanière du plan d’eau. Le Secteur des Douanes du Sud-Ouest ne disposant d’aucun moyen naval, nous collaborons avec les autres Forces de défense et de sécurité, notamment la Base Navale de Limbé et le BIR, dans le cadre de la surveillance douanière du plan d’eau.
Le renforcement de la surveillance des côtes, l’identification et la maîtrise des criques font partie de nos actions de lutte contre la fraude et la contrebande par voie maritime. Au rang des saisies marquantes de cette collaboration, nous pouvons citer : 800 kg d’acétone (précurseur chimique), 171.000 comprimés de tramadol, des cigarettes non estampillées, divers produits pharmaceutiques, diverses boissons alcoolisées non estampillées.
Nous remercions Monsieur le Directeur Général des Douanes pour sa sollicitude. Il ne cesse de nous encourager et de nous encadrer dans l’exercice de nos missions, dans un contexte sécuritaire difficile. Nous remercions aussi les forces de défense et de sécurité, les autorités administratives, municipales, traditionnelles et les autres administrations publiques, ainsi que les populations et les opérateurs économiques, pour l’appui dont nous bénéficions pour atteindre nos résultats. Nous formons un bloc solide contre le commerce illicite et les trafics illicites.
Source : douane camerounaise



