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  Cyrus Ngo’o demande la suspension partielle du contrat de Transatlantic  mais instaure le partage de parts de marché entre SGS et son concurrent local

Face à la montée du ton du ministère des Finances, Cyrus Ngo’o a plié, sans pour autant rompre. Transatlantic est appelé à suspendre ses activités de scanning, tout en conservant certains pans de son contrat avec le port autonome de Douala.

by EDC
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Par une note officielle datée du 16 février 2026, le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o, a notifié à l’entreprise Transatlantic D. S.A. la suspension immédiate d’une partie de ses activités d’inspection. Cette décision, qui fait suite à des directives de la Primature, redessine les contours du contrôle sécuritaire sur la première plateforme portuaire du Cameroun. « J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir suspendre partiellement à compter de ce jour [lundi 16 février 2O26, Ndlr], jusqu’à nouvel ordre, l’exécution de certaines clauses du Contrat de Concession, conclu le 25 novembre 2025 entre le Port Autonome de Douala et Transatlantic D. S.A., relatif à l’inspection intégrale par scanner des flux import/export transitant par le Port de Douala-Bonabéri, dans le cadre du projet de sécurisation dudit port », indique Cyrus Ngo’o au Directeur Général de Transatlantic D.

Le paysage opérationnel du Port de Douala-Bonabéri connaît donc un ajustement. Moins de trois mois après la signature du contrat de concession entre le PAD et la société Transatlantic D. S.A. (conclu le 25 novembre 2025), le top management du port ordonne une réduction du périmètre d’action de son partenaire privé. Cette mesure, qualifiée de « partielle » et d’application immédiate « jusqu’à nouvel ordre », cible spécifiquement l’inspection par scanner des flux de marchandises conteneurisées.

Attention tout de même. Transatlantic est certes appelée à cesser le scanning, mais reste sur certains pans actifs de la place portuaire. « Vous voudrez bien à cet effet limiter vos interventions à l’inspection par scanner du reste des flux import/export, marchands et non-marchand, qui ne sont pas opérés par la société SGS S.A. Il s’agit en particulier, d’une part, du trafic vrac solide non-conteneurisé traité dans les autres terminaux et, d’autres part, des véhicules, des conteneurs vides et des conteneurs hors-gabarit débarqués au Terminal à Conteneurs. »

Le document officiel est explicite sur l’origine de cette injonction. La Direction Générale du PAD agit sous l’impulsion de la haute hiérarchie gouvernementale, citant des directives du Premier Ministre transmises le 30 janvier 2026, ainsi qu’une correspondance du ministre des Finances datée du 13 février. Cette coordination interministérielle suggère que la décision dépasse les simples enjeux techniques portuaires pour toucher à la régulation du commerce extérieur et, potentiellement, à la répartition des compétences entre les acteurs publics et privés.

Partage de parts de marché

L’élément central de cette suspension réside dans la réaffirmation du rôle de la Société Générale de Surveillance (SGS S.A.). Selon les termes de la lettre de Cyrus Ngo’o, Transatlantic D. S.A. doit désormais limiter ses interventions aux flux qui « ne sont pas opérés par la société SGS S.A. ».

Concrètement, Transatlantic perd la main sur le cœur du trafic conteneurisé standard pour se recentrer sur le trafic de vrac solide non-conteneurisé, les véhicules importés, les conteneurs vides, les conteneurs hors-gabarit (Open Top, Flat Rack, etc.).

Cette clarification des compétences semble viser une meilleure fluidité des opérations de dédouanement et une levée des éventuels doublons dans les processus d’inspection, un point souvent soulevé par les opérateurs économiques locaux qui craignent une augmentation des coûts et des délais de passage portuaire.

Pour piloter cette transition, le PAD a désigné une équipe d’experts comprenant le Commandant du Port et des conseillers techniques. Leur mission sera de veiller à ce que ce partage de « parts de marché » entre la SGS et Transatlantic n’entrave pas la sécurisation globale du port, un projet jugé prioritaire par les autorités camerounaises.

Si cette suspension est présentée comme temporaire, elle soulève des interrogations sur la pérennité du contrat initial signé fin 2025. Pour les observateurs du secteur maritime, cet arbitrage témoigne de la complexité de l’externalisation des services régaliens de contrôle au Cameroun, où les intérêts de l’État, des concessionnaires internationaux et des prestataires locaux doivent constamment être équilibrés.

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