Les deux élus municipaux sont divisés sur la solution finale à adopter pour que Douala, la capitale économique se débarrasse des tas d’immondices qui font désormais son portait.
Roger Mbassa Ndine frappe sa poulpe tel un chrétien qui confesse ses péchés devant un religieux catholique. La confession du maire de la ville de Douala est connue de tous les habitants de cette métropole économique. « Je crois pouvoir dire que le problème de la gestion des ordures ménagères est réel. L’exécutif a pris ce problème à-bras-le corps. C’est un problème d’une complexité extrême. Chacun émet des idées, mais des solutions faciles. Chacun de nous doit considérer ce problème comme une urgence absolue. »
C’est que, depuis de très longues années déjà, (plus trois ans), la capitale économique du Cameroun a pris un nouveau décor. Des tas d’ordures ménagères ne passent pas inaperçus. Pour essayer de dissimuler cette situation, il arrive que des inconnus mettent du feu dans ces dépôts d’ordures, ce qui pollue encore plus l’environnement.
Roger Mbassa Ndine a une idée qui le convainc. Pour lui, il faut plus de moyens financiers, que la mairie de la ville gérera, quid à céder quelques pouvoirs aux différentes mairies d’arrondissement. « Dès janvier 2026, deux opérateurs viendront à la rescousse », a-t-il confié le 31 décembre 2025 lors du vote du budget 2026 de la Communauté urbaine de Douala (CUD), un budget évalué en recettes et dépenses à 66 milliards de FCFA.
Ce budget, soutient le maire de la ville, doit contribuer à remettre Douala dans un état de d’assainissement acceptable. « Il y a un aspect clé du problème, la sensibilisation. Les autorités politiques, religieuses, traditionnelles doivent beaucoup sensibiliser pour la collecte et l’acheminement des ordures. Nous avons besoin qu’une solution soit identifiée et mise en œuvre », souligne le maire de la ville de Douala.
7 milliards FCFA & Denise Fampou
A la communauté urbaine de Douala (CUD), une ligne de 7 milliards de FCFA a été ouverte essentiellement dédiée à la gestion des déchets. Mais ces fonds, de l’avis de Roger Mbassa Ndine, doivent être gérés par le super maire de la capitale économique. Denise Fampou, maire de Douala 2e a sa conviction. S’il y a des financements, ils doivent être générés par chacun des maires des six arrondissements du département du Wouri.
La posture de la maire s’explique. Denise Fampou a en effet doté sa mairie de trois camions bennes, douze tricycles, deux tractopelles, des bacs à ordures. Pour que tous ces équipements soient gérés à bons escient, un personnel. Si donc un appui de financements lui est fait, elle soutient qu’elle pourrait aller plus loin dans sa lutte contre les détritus à Douala 2e. Cette vision-là n’accroche pas beaucoup Roger Mbassa Ndine.
En dehors de cette divergence de vues sur la gestion des fonds destinés à la gestion des ordures dans la capitale économique, la maire de Douala 2e pointe du doigt des lenteurs excessives à la décharge de Nyalla, arrondissement de Douala 3 e. Déjà saturée, il est décrié que des camionneurs passent de très longues heures avant d’arriver au point final où le contenu de la benne est déversé. Pour Roger Mbassa, la solution à ce blocage sera complètement réglée avec le temps, lorsque la nouvelle décharge (voir ici) sera totalement disponible.
A la CUD, l’on a annonce que quatre bureaux d’études ont été retenus pour un mandat de cinq ans chacun, pour un montant global de plus de 4,6 milliards de FCFA dans l’optique de collecter des ordures. Le lot 1 est à RID SARL (1,27 milliard de FCF), le lot numéro 2 à KB SAP Consulting (1,20 milliard de FCFA), le lot 3 à Dynamic SARL (957 millions de FCFA), le Lot 4 à Creaconsult (1,22 milliard de FCFA). Pour maximiser la lutte anti ordures ménagères, la CUD dévoile qu’elle une dotation de 100 millions de FCFA aux communes d’arrondissement. Un appui financier qui devra être repartis à des associations diverses en vue de la propreté dans la capitale économique.
Manuella Nemaleu



