Ces entreprises ainsi que la CSPH sont allées dans les locaux de Dangote et de MRS dans l’optique de mieux ajuster leurs stratégies et satisfaire le marché camerounais en produits pétroliers.
La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) dévoile les motifs d’une visite de travail qu’elle a effectuée au Nigeria dans les murs de Dangote Petroleum Refinery. « Penser grand. Observer les meilleurs. Renforcer durablement le Cameroun.»
Cela dit, aux yeux de la SCDP qui était accompagnée de la Société nationale de raffinage (Sonara), de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) ainsi que du conseiller technique de la présidence de la République chargé des affaires financière, cette mission visait en outre à « renforcer la coopération régionale et s’inspirer des meilleures pratiques afin de positionner durablement le Cameroun sur la carte énergétique africaine », faire une « immersion au cœur d’infrastructures de classe mondiale. »
La délégation, indique la SCDP, a visité la raffinerie Dangote, « le plus grand complexe de raffinage d’Afrique. » Le but ici, confesse l’entreprise que dirige Véronique Moampea Mbio, était d’analyser les technologies de pointe, évaluer les capacités logistiques de grande envergure, identifier des modèles d’efficience industrielle inspirant. « Cette immersion à Lagos constitue une étape clé pour le secteur pétrolier camerounais. En s’alignant sur les standards de groupes de référence tels que Dangote et MRS, la SCDP renforce ses capacités et contribue à une sécurité énergétique durable pour le Cameroun. »
Bien plus, ce qui a été fait lors de cette visite au Nigeria illustre « la synergie entre la Scdp, la Sonara et la Csph, sous l’impulsion de la présidence de la République, une vison concertée et ambitieuse pour l’avenir énergétique national », souligne la Scdp.
D’un coût de 19 milliards de dollars pour une pleine capacité de 650.000 barils par jour, la méga-raffinerie de Dangote réduira les importations africaines à 36%, ce qui semble intéresser la Scdp, la Sonara et la Csph.
En rappel, la Sonara a lancé un gigantesque projet intitulé le Plan d’accélération des mesures de réhabilitation / reconstruction en vue de la Reprise du Raffinage à la Sonara sous 24 mois (PARRAS 24). « le but ultime étant la satisfaction du besoin national en produits pétroliers via l’amélioration du rendement en produits finis obtenus spécifiquement et prioritairement à partir du pétrole brut produit au Cameroun qu’il serait désormais possible de rentabiliser complètement. » « PARRAS 24 est une initiative exploitant l’opportunité d’une reprise du raffinage sous un délai réduit considérablement ; soit 24 mois au lieu de 60 mois s’il faille reprendre la production uniquement à l’achèvement complet du projet Sonara 2010 », confie l’entreprise pétrolière basée à Limbé ici.
En rappel, la Scdp redoute et se prépare à faire face à une grosse concurrence qui se prépare à Kribi, où CSTAR, construite par la SNH et ses partenaires, fourbit ses armes et s’apprête à être une réserve pétrolière de 250. 000 tonnes métriques. C’est une infrastructure qui, des prévisions de la SNH, permettra la réduction de 30 % des importations de produits pétroliers finis, une économie de 750 millions de dollars (près de 400 milliards de FCFA) pour un État qui a dépensé 1 000 milliards de FCFA en 2022 contre 640 milliards FCFA en 2023 et envisage même, sous la pression du FMI, la suppression totale des prix à la pompe.
La Scdp et les champions publics du pétrole camerounais en allant s’inspirer du know-how nigérian pourraient créer une nouvelle dynamique qui, en fin de compte, aurait la capacité d’influencer à la baisse les prix à la pompe.
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