Home » Gestion publique : Le FMI préconise un retrait de l’État du secteur bancaire et une rigueur budgétaire accrue

Gestion publique : Le FMI préconise un retrait de l’État du secteur bancaire et une rigueur budgétaire accrue

by EDC
0 comment

Le rapport du FMI souligne une tendance à l’accroissement de la présence de l’État dans le capital et la gestion des établissements de crédit. Cette dynamique suscite des réserves quant à la préservation de la stabilité du système bancaire. L’organisation recommande une gestion rigoureuse des banques publiques afin de prévenir toute fragilisation systémique. Pour le FMI, l’efficacité du financement de l’économie repose sur un secteur privé dynamique, protégé d’une dominance publique susceptible de fausser la concurrence ou de générer des créances douteuses.

​L’exercice 2025 a révélé des faiblesses dans l’exécution de la loi de finances. Le FMI note une sous-performance des recettes non pétrolières, couplée à une augmentation des dépenses courantes de fonctionnement. Ce déséquilibre a contraint les autorités à réduire les investissements publics pour contenir le déficit, lequel s’est établi à environ 1,2 % du PIB selon les estimations préliminaires. Bien que la dette publique reste soutenable, sous le seuil des 50 % du PIB, le risque de surendettement demeure classé « élevé » par les services du Fonds.

​La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) constitue un axe de réforme majeur. Le Cameroun figure toujours sur la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), ce qui complique les transactions financières internationales et renchérit le coût du crédit pour les opérateurs locaux.

​Selon les données du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC), les flux financiers illicites liés à la corruption et aux détournements de fonds publics restent préoccupants. Les chiffres indiquent que le montant des transactions suspectes signalées à l’Agence nationale de l’investigation financière (ANIF) a connu une progression constante, reflétant à la fois une meilleure détection et la persistance du phénomène.

Aussi, les rapports d’évaluation mutuelle estiment que l’économie informelle, qui représente plus de 40 % du PIB, facilite l’injection de capitaux d’origine douteuse dans le circuit formel, et le non-respect des seuils de paiement en espèces, fixé à 5 millions de FCFA pour certaines transactions par la réglementation CEMAC, demeure une lacune identifiée par les évaluateurs.

​Malgré ces défis, la croissance économique montre une résilience avec une projection de 3,3 % pour 2026, portée par les projets d’infrastructure. Pour soutenir cette trajectoire, le gouvernement camerounais a manifesté son intention de négocier un nouvel accord avec le FMI pour la période 2026-2029. Ce programme visera à renforcer la mobilisation des recettes domestiques et à améliorer la gouvernance des entreprises publiques, condition sine qua non pour rassurer les bailleurs de fonds et les investisseurs internationaux.

You may also like

Leave a Comment

Economie du Cameroun

Bulletin d'Information

Articles Récents

@2022 – Tous Droits Réservés. Conçu et Developpé par DesignItechs