Le 17 juillet 2025, la Société nationale des hydrocarbures (SNH), sa filiale Tradex et du consortium Ariana/RCG, a procédé au lancement officiel du projet CSTAR Refinery.
C’est une infrastructure clé, aux retombées économiques importantes, comprises entre la matérialisation de l’import substitution et la quête de l’indépendance pétrolière effective assise sur la réduction des importations de produits pétroliers finis. « Nous prenons le pari d’ériger ici dans les délais annoncés, une infrastructure de transformation de pétrole brut camerounais et un terminal moderne de stockage de produits pétroliers, dotés d’équipements à la pointe de la technologie. Notre objectif prioritaire est de contribuer de manière pertinente au renforcement de la résilience du système d’approvisionnement national en produits pétroliers. Ce faisant, nous posons un jalon supplémentaire vers la matérialisation de la vision de son Excellence Paul Biya (…) qui est de faire du Cameroun un hub de référence en matière d’approvisionnement en produits finis, dans le Golfe de Guinée», confie Nathalie Moudiki, Chairlady et CEO de CSTAR.
C’est une infrastructure qui, des prévisions de la SNH, permettra de la réduction de 30 % des importations de produits pétroliers finis, une économie de 750 millions de dollars (près de 400 milliards de FCFA) pour un État qui a dépensé 1 000 milliards de FCFA en 2022 contre 640 milliards FCFA en 2023 et envisage même, sous la pression du FMI, la suppression totale des prix à la pompe. La SNH envisage des recettes additionnelles de 250 millions de dollars (près de 141 milliards de FCFA) issues des exportations de carburants marins et en moyenne 2000 emplois directs, 5000 indirects sont dans le pipe.
L’infrastructure sera sur un espace de 250 hectares dans la zone portuaire de Kribi. Il s’agit d’une société de de projet (SPV), de droit émirati, détenu à 65 % par la SNH et 35 % par Ariana Energies. Son financement est structuré à 40 % en fonds propres et 60 % en dette internationale, négociée par BGFIBank et d’autres bail leurs internationaux. Le projet de raffinerie sera mis en œuvre sur trois phases, dont la première concerne la raffinerie, avec une mise en service commerciale envisagée en juin 2028, après 18 mois de travaux.
Pour couvrir ses besoins en produits pétroliers finis, le Cameroun, de l’avis d’experts, est un marché de 2 millions 100 mille tonnes. Le pays, contrairement à certains de ses pairs dans la sous-région Afrique centrale, livre sur le marché international trois types de pétrole brut : le Kolé, le Lokolé et l’Ebomé. Des noms en lien avec différents endroits où cet or noir est produit. « Les activités de recherche et de développement des hydrocarbures se déroulent dans deux bassins sédimentaires, essentiellement en mer (off-shore) : Rio der Rey (Sud-Ouest) et Douala/Kribi-Campo (Littoral) », explique la SNH sur son site internet.
De manière globale, le projet de CSTAR à Kribi consiste à construire un terminal de stockage des réserves stratégiques de carburants, d’une capacité initiale de 250 000 à 300 000 mètres cubes, extensible par la suite. L’infrastructure devrait permettre de stocker des produits tels que le gasoil, l’essence, le Jet A1, le kérosène et le HFO. La raffinerie intégrée présente une capacité de 30000 barils par jour, et nécessitera environ 115 milliards FCFA. La dite raffinerie -qui arrive au moment où la Société nationale de raffinage (Sonara) peine à se relever depuis l’incendie qui l’a partiellement ravagée en mai 2019- sera conçue « pour raffiner le brut camerounais localement et produire une gamme complète de produits finis tels que le diesel euro V, l’essence, le VLSFO, le MGO, l’Asphalte, le GPL et ses dérivés pétrochimiques », explique-t-on.
Aloys Onana



