L’écosystème de la santé au Cameroun vient d’enregistrer une injection massive de compétences critiques. La 40e promotion de résidents en pédiatrie de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales (FMSB) de l’Université de Yaoundé I a officiellement effectué sa rentrée, placée sous le parrainage stratégique de Nestlé Afrique Centrale et de l’Ouest. Dans un contexte où la santé infantile représente un levier majeur de développement socio-économique, cette nouvelle cohorte, baptisée « Passion Efficace », se voit confier une mission de haute performance qui vise à optimiser la prise en charge de la vulnérabilité dès les premiers instants de vie.
De l’avis de la Pr Nelly Kalgaing, pédiatre au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHU), le « Résidat » est une stratégie de « résistance et d’audit de soi ». Le passage au statut de résident, explique-t-elle, n’est un long fleuve tranquille, mais un véritable « résistanat ». Ce néologisme sémantique que cette universitaire met en avant souligne la nécessité d’une résilience opérationnelle face aux exigences du terrain. Pour ces futurs experts, la rentabilité de leur formation repose sur trois axes de rupture.

Il est question de sortir de la zone de confort. C’est un impératif, insiste-t-elle, de rompre avec les routines cliniques obsolètes et les protocoles standards (comme le traitement systématique du paludisme sans remise en question) pour embrasser l’innovation et l’Evidence-Based Medicine.
Le second défi, la gestion de l’actif temps. Les résidents doivent naviguer entre des horaires à rallonge (7h30 – 15h30, hors gardes) et la préparation de topos académiques, tout en maintenant un équilibre avec leur capital social et familial. Le dernier élément, la gestion du doute. Face à la détresse respiratoire néonatale ou aux chocs septiques, l’humilité devient une compétence de gestion indispensable pour transformer l’angoisse des parties prenantes (les parents) en espoir tangible.
Très expérimentée, Pr Nelly Kamgaing conseille que l’apprentissage par l’interdisciplinarité et le Mentorat constitue l’efficacité en pédiatrie, mais ne se limite pas à la pathologie infectieuse. Le marché de la santé pédiatrique, souligne-t-elle, est un champ vaste incluant les cardiopathies congénitales, les maladies endocriniennes et les accidents domestiques. Pour maîtriser ce portefeuille complexe, les conseils prodigués aux résidents insistent sur une approche collaborative.
Sur la liste des attitudes à avoir, l’on note l’écoute active des « clients ». L’enfant, bien qu’incapable de verbaliser précisément sa douleur, est l’interlocuteur principal dont il faut décoder les signaux (cris, silences, regards). L’intelligence collective. Ici, le succès ne repose pas sur une performance isolée. La collaboration doit s’étendre aux enseignants, aux médecins non-enseignants, aux résidents d’autres spécialités et même au personnel technique.

Une autre manette et non la moindre, prendre le mentorat comme levier de croissance. Il est conseillé de faire recours aux aînés, aux pairs et aux mentors. Cela est présenté comme une assurance contre l’échec opérationnel, garantissant qu’« aucun résident ne doit avancer seul. Le discours de la marraine et des instances dirigeantes définit un nouvel indicateur de performance : la « Passion Efficace ». Il ne s’agit plus seulement de soigner, mais de générer un impact social mesurable en s’alignant sur la définition de la santé de l’OMS : un bien-être physique, mental et social. L’investissement dans la recherche adaptée aux réalités locales et la publication scientifique sont désormais les moteurs de la crédibilité de ces nouveaux experts sur l’échiquier médical national. En somme, ces résidents sont appelés à devenir des gestionnaires de la vie, où la rigueur scientifique s’allie à une compassion profonde pour garantir la pérennité du capital humain camerounais.



