La Commission nationale Anti-Corruption (CONAC) a attribué le 4 février 2026 un marché de gré à gré à la société Central Motors Cameroun pour l’acquisition de quatre véhicules 4×4. Une transaction qui interroge par son mode de passation et son timing.
Dans une décision, le président de la CONAC, le Rev. Dr Dieudonné Massi Gams, a officialisé l’attribution d’un marché public d’envergure. L’entreprise Central Motors Cameroun a été retenue pour la fourniture de quatre véhicules de service de type station wagon 4X4. Le montant total de la transaction s’élève à 240 millions de FCFA toutes taxes comprises, soit un coût unitaire moyen de 60 millions de FCFA par véhicule.
Ce qui retient l’attention des analystes et observateurs, au-delà du montant, est le recours à la procédure d’autorisation de gré à gré (N° 7959-23/L/PR/MINMAP/SG/DGMAS/DMAG/CEA5). Dans le système des marchés publics camerounais, cette procédure dérogatoire permet de s’affranchir de l’appel d’offres classique, souvent pour des raisons d’urgence ou de spécificité technique.
Toutefois, voir l’organe de régulation de la lutte contre la corruption utiliser cette voie pour des véhicules de service standard pourrait susciter des débats sur l’exemplarité procédurale. Le document précise néanmoins que cette décision s’appuie sur une autorisation de la Présidence de la République datant du 24 décembre 2025.
Le montant de 240 millions de FCFA représente une ligne budgétaire significative. À 60 millions l’unité, la CONAC semble avoir opté pour des modèles haut de gamme, nécessaires selon l’institution pour assurer les missions de terrain sur l’ensemble du territoire national. Le prestataire, Central Motors Cameroun, dispose désormais d’un délai de 90 jours pour livrer les équipements.
Cette acquisition intervient alors que les institutions publiques camerounaises sont régulièrement appelées à réduire leur train de vie. Si le renouvellement du parc automobile est un impératif opérationnel pour une commission dont les agents doivent se déployer dans les zones reculées pour enquêter, l’opinion publique et les partenaires financiers restent attentifs à la rationalisation des dépenses de prestige.
L’article 3 de la décision assure que l’acte sera enregistré et publié « partout où besoin sera », garantissant une forme de publicité légale à cette transaction qui, d’un point de vue purement comptable, pèse lourd dans le budget d’investissement de la Commission pour l’exercice 2026.



