Le constat est de la Banque mondiale, dans son quatrième Rapport sur la situation économique du Cameroun 2025.
Leader avec 40 % du PIB de l’économie de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac), la Banque mondiale (BM) dans son quatrième Rapport sur la situation économique du Cameroun 2025 ressort un visage un peu connu des habitants de ce pays où, en 2024, de l’analyse factuelle de l’Institut national de la statistique (INS), un peu plus de 10 millions d’agents économiques vivent avec moins de 1000 FCFA par jour.
Sous un volet presque similaire, la BM révèle que « malgré une croissance positive de la richesse totale du Cameroun— passée de 311 milliards USD (en dollars 2019 à prix constants) en 1995 à 553 milliards USD en 2020 (soit 186 600 milliards FCFA à 331 800 milliards FCFA Ndlr) — la richesse nationale par habitant a diminué de 11 % entre 1995 et 2020 au Cameroun. »
L’indice de richesse nationale (IRN) par habitant, qui mesure la valeur réelle du capital produit, du capital humain, du capital naturel et du capital physique, est passé de 100 en 1995 à 89 en 2020, soit un recul moyen annuel de – 0,4 %. « Cette baisse de la richesse par habitant, malgré l’augmentation du PIB réel par habitant, indique que la croissance économique ne s’est pas accompagnée d’une accumulation durable de richesse », souligne la BM.
D’autres tableaux pourraient intéresser dans cette étude. C’est le cas des données sur l’épargne nette ajustée (ENA). Ce volet apporte un éclairage sur les variations de la richesse nationale, offrant une vision plus complète de la soutenabilité économique et de la capacité d’investissement futur. L’ENA, précise la BM, se calcule comme l’épargne nationale brute (ou l’investissement brut), auquel les dépenses d’éducation sont ajoutées, moins l’amortissement du capital produit, l’épuisement des ressources du sous-sol (énergies fossiles et minéraux) et des ressources forestières, et les dommages sanitaires causés par la pollution atmosphérique. Ici en somme, « entre 2010 et 2020, l’ENA du Cameroun a été légèrement négative, montrant que le pays épuise sa richesse un peu plus rapidement qu’il n’a constitué de nouveaux actifs. »
Albright Fandono



