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 La Société financière internationale veut renforcer des financements dédiés  aux PME

Si le montant global des financements envisagés n’a pas encore été dévoilé, les discussions en cours portent sur la mise en place de mécanismes innovants capables de soutenir durablement les initiatives entrepreneuriales locales.

by EDC
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Achille Bassilekin III, ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) a accordé une audience à la mission de la Banque mondiale le 23 mars 2026. Conduite par le Directeur de la division Afrique de l’Ouest et du centre, cette visite de travail, indique-t-on au Minpmeesa, marque un tournant dans l’exécution de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).

Selon les responsables présents, la Société financière internationale (SFI), bras du Groupe de la Banque mondiale dédié au secteur privé, entend accompagner cette dynamique à travers des instruments adaptés et une expertise technique renforcée. L’objectif est double : faciliter l’accès des entrepreneurs aux financements et rassurer les établissements bancaires afin d’accroître le volume de crédits accordés aux PME. « Il s’agit de créer un environnement propice où davantage d’entreprises pourront accéder aux ressources financières nécessaires à leur développement », souligne une voix autorisée.

Si le montant global des financements envisagés n’a pas encore été dévoilé, les discussions en cours portent sur la mise en place de mécanismes innovants capables de soutenir durablement les initiatives entrepreneuriales locales.

Cette collaboration renforcée entre le Cameroun et le Groupe de la Banque mondiale marque une étape importante dans la stratégie nationale de promotion des PME, considérées comme un pilier de l’économie et un moteur de l’inclusion sociale. À travers ce partenariat, les autorités camerounaises entendent ainsi accélérer l’atteinte des objectifs de développement, en favorisant un secteur privé plus compétitif, inclusif et résilient.

En rappel, le tissu économique national repose sur environ 200 000 entreprises recensées, dont 99,8 % entrent dans la catégorie des Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises. Pourtant, ces structures ne captent qu’une fraction marginale des crédits bancaires. Les statistiques de la BEAC et du Conseil National du Crédit révèlent que le volume des crédits accordés au secteur privé au Cameroun tourne autour de 4 500 milliards de FCFA, mais l’accès pour les PME reste entravé par des exigences de garanties souvent supérieures à 120 % de la valeur du prêt.

L’intervention de la Société Financière Internationale (SFI) vise précisément à briser ce plafond de verre. La stratégie repose sur deux leviers. Le premier concerne les mécanismes de garantie partielle de crédit. En couvrant 50 % des pertes éventuelles sur un portefeuille de prêts, la SFI réduit l’exposition des banques commerciales et les incite à abaisser leurs taux d’intérêt, qui oscillent encore entre 10 % et 15 % pour les petites structures. Le second levier porte sur le renforcement des fonds propres. Au Cameroun, le besoin de financement non satisfait des PME est estimé à plus de 800 milliards de FCFA par an.

Le gouvernement camerounais mise sur cette collaboration pour transformer la Banque des PME (BC-PME) et l’Agence de Promotion des PME (APME) en véritables pivots de cette nouvelle architecture. L’objectif est de porter la part du crédit au secteur privé à 30 % du Produit Intérieur Brut d’ici la fin de la décennie, contre environ 15 % actuellement. Cette progression est indispensable pour soutenir une croissance économique que le pays ambitionne de maintenir au-dessus de la barre des 5 %, malgré les fluctuations des cours des matières premières.

Les discussions actuelles explorent également la numérisation des services financiers. Le taux de bancarisation stricte au Cameroun reste inférieur à 20 %, mais la pénétration des services financiers mobiles dépasse les 50 %. La SFI et le ministère envisagent des instruments de fintech pour faciliter le micro-financement des artisans et des acteurs de l’économie sociale. En intégrant ces outils, le Cameroun espère formaliser une part importante de son secteur informel, qui contribue encore à hauteur de 40 % au PIB national mais reste exclu des circuits de financement classiques.

Ce partenariat ne se limite donc pas à une simple injection de liquidités. Il s’agit d’une reconfiguration des mécanismes de confiance entre les bailleurs de fonds, l’État et les entrepreneurs. L’aboutissement de ces mécanismes innovants déterminera la capacité du pays à transformer ses PME en champions nationaux capables d’affronter la concurrence dans le cadre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF).

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