La Cameroon Railways (Camrail), concessionnaire du chemin de fer camerounais, a rendu publics les indicateurs de performance liés au transport de marchandises pour l’exercice clos. Au cœur de cette activité, le segment du sucre affiche une trajectoire de croissance confirmant la reprise des flux logistiques interurbains et transfrontaliers.
Sur l’ensemble de l’année 2025, Camrail a assuré l’acheminement de 128 342 tonnes de sucre. Ce résultat marque une progression de 6 % par rapport à l’exercice 2024, où le volume traité s’établissait à 121 549 tonnes.
Cette augmentation du tonnage transporté reflète, de l’avis d’observateurs, une optimisation de la rotation du parc de wagons trémies et une meilleure coordination avec les raffineries locales, notamment la Sosucam. La logistique ferroviaire s’impose ici comme le levier principal de la supply chain pour cette denrée, garantissant un flux tendu entre les zones de production de la Haute-Sanaga et les principaux centres de consommation comme Douala et Yaoundé, ainsi que vers les pays de l’hinterland (Tchad et RCA).
Pour soutenir cette montée en charge, Camrail a misé sur plusieurs axes opérationnels, en premier, la disponibilité du matériel roulant. Le taux de disponibilité des locomotives de ligne a été maintenu au-delà de 85 %, grâce aux programmes de maintenance préventive dans les ateliers de Bassa. En second, la massification des flux. Ici, l’utilisation de trains blocs a permis de réduire les délais de transit et d’optimiser la charge utile par wagon et en troisième, l’infrastructure, notamment le renouvellement partiel des traverses sur le Transcam I a contribué à la sécurisation des convois lourds.
Au-delà du sucre, les chiffres globaux du fret ferroviaire au Cameroun pour 2025 indiquent une tendance haussière similaire pour les hydrocarbures et les céréales. Les données sectorielles estiment le transport global de marchandises à plus de 1,6 million de tonnes pour l’année écoulée, le sucre représentant ainsi environ 8 % du tonnage total de marchandises diverses hors bois et hydrocarbures.
L’objectif affiché pour le prochain exercice est le franchissement du cap des 135 000 tonnes. Pour atteindre ce seuil, les défis logistiques reposent sur la réduction du « turnaround » (temps de rotation) des wagons et l’extension des capacités de stockage en bout de ligne.

L’intégration multimodale reste le point critique. La fluidité du passage portuaire à Douala et la coordination des pré-acheminements routiers conditionneront la capacité de Camrail à absorber l’augmentation prévue de la demande intérieure. Le concessionnaire, filiale de Africa Global Logistics (AGL), réaffirme ainsi son rôle pivot dans l’ossature économique nationale, transformant les contraintes géographiques en flux de transport productifs.
Des explications d’experts en transport et logistique, le portage de 128 342 tonnes de sucre équivaut au retrait d’environ 4 200 camions de 30 tonnes du réseau routier national. Ce qui souligne l’efficience énergétique et environnementale du mode ferroviaire.



