Il y a des rendez-vous qui ne ressemblent pas aux autres. Celui du 26 février 2025, dans les salons feutrés de l’Onomo Hôtel de Douala, en était un. Le PAJEC — Plateforme des Acteurs pour la Jeunesse, l’Entreprise et la Croissance — y a rassemblé près de 300 entreprises camerounaises dans un élan qui tient autant du manifeste économique que de la démonstration de force tranquille. Un message clair, adressé à l’État, aux partenaires et au marché africain : la jeunesse entrepreneuriale camerounaise est prête. Elle est structurée. Et elle est déterminée à agir.
Un creuset de PME au diapason du SND30
L’événement s’est ouvert sous la présidence du Docteur Thierry Tchapnga, Président du PAJEC pour la Région de l’Est, dont le propos d’entame a d’emblée fixé la tonalité : celle de la synergie. « Seul on avance, mais ensemble on va plus vite », a-t-il affirmé, en rappelant avec conviction la place cardinale réservée aux jeunes dans la Stratégie Nationale de Développement 2020–2030 — ce SND30 qui constitue la boussole de la politique économique camerounaise sous l’impulsion de Son Excellence Paul Biya, Président de la République.
Dans la salle, le bouillonnement était palpable. Agro-alimentaire, industrie manufacturière, innovation technologique, énergies renouvelables, services — autant de secteurs représentés par des entrepreneurs jeunes, déterminés, et dont les projets s’inscrivent en droite ligne dans la philosophie du Made in Cameroon. Plusieurs stands exposaient des produits de transformation locale témoignant d’une montée en puissance industrielle réelle, loin des discours, ancrée dans le concret.
La présence institutionnelle n’était pas symbolique. Le MINPMEESA et le MINCOMMERCE — ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat, et ministère du Commerce — ont dépêché leurs délégués régionaux, signifiant par là l’intérêt de l’État pour cette dynamique. Un signal qui n’a pas échappé aux participants.
La femme, pilier stratégique du renouveau économique
L’une des interventions les plus marquantes de la journée fut celle de Madame Christiane Heitz Niat, Présidente de PAJEC au Féminin. Dans un témoignage à la fois sobre et percutant, elle a évoqué l’accompagnement reçu de l’État durant la crise COVID-19 — une période éprouvante pour le tissu entrepreneurial — pour mieux en souligner la portée : la sincérité et la constance de l’engagement des institutions envers le secteur productif national.
Son message était celui d’une femme de terrain qui croit aux institutions non par naïveté, mais par expérience vécue. Elle invitait ainsi les jeunes entrepreneurs à cultiver cette même confiance, en rappelant les mots du Chef de l’État lors de son discours de fin d’année : « Ce septennat, c’est pour les jeunes et les femmes. » Des mots qui résonnent comme une promesse de politique publique — et que le PAJEC entend bien inscrire dans les actes.
Le FONDS PAJEC : de l’ambition à l’instrument
Au cœur des discussions structurées de la journée figure une initiative de taille : le FONDS PAJEC. Conçu comme un instrument financier stratégique à vocation industrielle, ce fonds ambitionne de devenir un catalyseur concret pour la réduction des importations, l’accélération de la transformation locale et la préparation des entreprises camerounaises à la compétition continentale dans le cadre de la ZLECAF.
Le Chef de l’État a déjà donné un premier signal fort avec la mobilisation d’un plan initial de 50 milliards de FCFA en faveur de l’industrialisation nationale. Le PAJEC appelle désormais à une seconde phase : la participation directe de l’État au FONDS PAJEC, qui en ferait un véritable mécanisme de partenariat public-privé — structuré, mesurable, opérationnel. Pour son Président National, Joël SIKAM, le Cameroun dispose de tout ce qu’il faut pour réussir : les talents, les entreprises, le potentiel. Il ne manque que la décision collective de passer à l’acte.
Un acte de confiance mutuelle
La journée s’est achevée en beauté : photo de famille, cocktail dinatoire et sessions de networking intenses entre entrepreneurs, partenaires et représentants institutionnels. Au-delà de la convivialité, c’est une conviction commune qui s’est affirmée — celle que la transformation économique du Cameroun ne se fera pas contre l’État, mais avec lui.
Le PAJEC incarne cette synthèse rare : une jeunesse entrepreneuriale exigeante, ambitieuse, capable de se structurer et de rendre des comptes — mais qui refuse de courir seule une course que seul un État engagé peut rendre gagnante. En ce sens, le FOND PAJEC dépasse largement la question financière. Il est un test de confiance mutuelle, un pari sur l’avenir, et peut-être l’un des leviers les plus puissants d’une industrialisation qui tarde encore à atteindre sa pleine vitesse. Le Cameroun a rendez-vous avec son secteur privé. Le PAJEC, lui, a déjà dit présent.
JULES LIBAM, Program Manager – Business Coach



