Ce mercredi 8 avril 2026, dans la verdure du bassin palmier du Moungo, une pelleteuse symbolique marquera le début d’une aventure industrielle qui se veut structurante pour la filière huile de palme au Cameroun. De membres du gouvernements pourraient prendre part à cette cérémonie de pose de la première pierre de la nouvelle huilerie de Lengué, portée par la société OPALM. Le lendemain, jeudi 9 avril, la délégation se déplacera à Eséka, dans le Nyong-et-Kéllé, pour une séquence consacrée au renforcement industriel du second site du groupe.
L’usine de Lengué est au cœur des annonces de demain. Le programme prévoit pour cette unité un investissement important, avec une capacité de production de plusieurs tonnes d’huile brute par an à pleine capacité.
Ce choix géographique n’est pas anodin. Dans le Moungo, OPALM encadre déjà plus de nombreux planteurs et entretient, conjointement avec la SOCAPALM des kilomètres de pistes rurales, contribuant ainsi au désenclavement des zones de production. L’implantation d’une huilerie moderne dans ce bassin s’inscrit dans une logique d’intégration verticale : produire, collecter, transformer et valoriser sur place, sans les pertes inhérentes aux longs trajets vers des sites distants.
Pour OPALM, l’équation est simple, rapprocher l’outil de transformation de la matière première, c’est réduire les pertes après récolte, améliorer les rendements à l’extraction et garantir aux planteurs un débouché fiable et rémunérateur. L’usine de Lengué sera ainsi la pièce centrale d’un dispositif territorial pensé pour fluidifier toute la chaîne, de la palmeraie jusqu’au bidon d’huile brute.
Le lendemain, la séquence se déplace à Eséka. OPALM y a officiellement pris le relais de la SOCAPALM le 18 février 2026, reprenant la gestion d’une usine dont la capacité de production actuelle plafonne à 7 000 tonnes par an. L’objectif affiché est d’aller plus loin, en produisant plus.
Pour y parvenir, OPALM a annoncé un investissement supplémentaire sur ce site, destiné à l’installation d’une nouvelle huilerie, au renforcement de l’organisation interne et à la montée en puissance industrielle du complexe. Le projet ambitionne de renforcer le traitement local des régimes, de réduire les pertes post-récolte et de fluidifier l’ensemble de la chaîne de transformation.
La transition à Eséka se veut par ailleurs exemplaire sur le plan social. OPALM met en avant trois garanties : aucune suppression d’emploi, maintien des droits acquis des travailleurs, et continuité des fonctions dans un cadre organisé. Moins de deux mois après la reprise du site, la société indique avoir déjà acheté plus de 5 000 tonnes de régimes aux planteurs locaux. Une partie de ces volumes, ne pouvant être absorbée par l’usine en raison de sa capacité limitée, a été transportée vers d’autres unités industrielles, une opération logistique dont OPALM revendique la prise en charge intégrale, pour un coût estimé à de millions de francs CFA.
Les cagnottes espérées ne sont pas que productives. L’État camerounais table sur des recettes fiscales améliorées, une compétitivité industrielle accrue et une balance commerciale allégée. Les planteurs, eux, attendent une amélioration de leurs revenus, une réduction du bradage de leurs régimes et un meilleur accès à l’information technique.



