Pour la réussite de cette infrastructure, un pipeline partira de Kribi où l’on prendra du gaz pour l’acheminer sur la place portuaire de la capitale économique.
Délestages électriques. Voilà un vocable devenu courant au Cameroun depuis le début des années 2000. Tout le monde, ou presque le subit. Des désagréments ont des répercussions jusqu’à la place portuaire de Douala, lieu de passage de plus de 80 % des échanges commerciaux entre le Cameroun et le reste du monde.
Cyrus Ngo’o, le Directeur général du port autonome de Douala (PAD), a tant subi cette curieuse joyeuseté, et s’engage à en prendre ses distances. « Les opérateurs portuaires subissent d’importantes perturbations en approvisionnement d’énergie électrique, causées par des coupures intempestives et des variations constantes de tension du fait de l’insuffisance de l’offre énergétique. Cette situation qui s’est aggravée par la vétusté du réseau de distribution existant au port, est de nature à compromettre de manière significative, non seulement la productivité des opérateurs portuaires, mais aussi, à décourager les potentiels investissements envisagés dans l’enceinte portuaire », confie-t-il.
Dans le détail, le PAD a pris langue avec le Directeur Général de Douala port corporation (DPPC) par ailleurs Président Directeur général du Groupe la Citadelle, qui est dirigée par Darius Mesmin Ekouda. Objectif, construire un système indépendant de production et de distribution de l’électricité au PAD.
Le projet, a-t-on appris le 12 septembre 2025 lors de la signature des documents officiels entre les deux parties, comprend deux phases. La première concerne la construction d’une centrale électrique de 102 MW pour un coût de 257 milliards de FCFA, couplée à la construction d’un gazoduc partant de Kribi pour Douala, dont le coût est 140 milliards de FCFA.
La seconde phase porte quant à elle sur l’extension de la capacité de cette centrale électrique (de 102 MW à 300 MW à terme), pour un coût de 230 milliards de FCFA sur 10 ans. Le coût total du projet est de 628 milliards environ. D’autres précisons sont faites par le PAD. Le projet est entièrement financé par le partenaire, sans caution ni garantie du PAD ou de l’Etat du Cameroun. La centrale va générer des retombées financières au PAD et à l’Etat. Côté professions, l’on souligne la création de 100 emplois directs et plus de 1000 emplois qui sont dans le pipe.
Pour la réalisation de cette importante infrastructure, l’option a été prise le modèle de Partenariat public-privé de type BOT (Build-Transfer-Operate). La convention a une durée de 25 ans. « La construction d’un système indépendant de production et de distribution d’électricité au Port de Douala-Bonabéri compte parmi les projets prioritaires identifiés dans le Schéma Directeur de Développement pour la première phase du programme d’investissement, dont la réalisation constitue une étape décisive dans le processus de renforcement des performances opérationnelles du port. Ce projet vise à garantir à la place portuaire de Douala-Bonabéri, une autonomie totale en énergie électrique à mettre à la disposition des acteurs portuaires, sans discontinuité », se félicite Cyrus Ngo’o. Le port autonome de Kribi est également engagé dans une réalisation similaire, preuve du besoin constant des places portuaires du Cameroun à avoir accès à l’électricité dans un pays où cette ressource est très souvent déficitaire.
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