Ce jeudi 19 février 2026, les premiers mastodontes de fer de Camcartour Travel ont fendu la brume de Douala pour conquérir les hauts plateaux de l’Ouest. Analyse d’une trajectoire qui bouscule l’establishment du transport interurbain. C’est ce qu’on appelle, dans le jargon des bâtisseurs, une « percée stratégique ». Alors que le secteur du transport interurbain au Cameroun ressemble souvent à un champ de mines où seuls les plus résilients survivent, une nouvelle enseigne vient de s’allumer au fronton du terminal de Douala : Camcartour Travel.
L’histoire est belle, presque cinématographique. Avant d’être ce promoteur qui aligne des bus flambant neufs sur le corridor Douala-Bafoussam, Carlos Ngoualem a connu la dure école de la rue. Ancien vendeur de journaux — criant les titres à la criée sous le soleil de plomb de la capitale économique — l’homme a gravi les échelons jusqu’à l’écharpe tricolore d’Adjoint au Maire à Douala 5e. Aujourd’hui, il ne vend plus les nouvelles des autres, il fait la Une.
Pour son baptême du feu, Camcartour Travel ne joue pas les figurants. La compagnie s’attaque à deux axes névralgiques à savoir Douala – Mbouda. Un trajet connu avec des escales à Bafang et Dschang, ciblant cette clientèle exigeante de commerçants et d’étudiants. L’autre axe, Douala – Bafoussam, le cœur battant du commerce inter-régional.
Le pari de Ngoualem est risqué mais lucide : injecter du sang neuf avec une flotte moderne pour rompre avec la vétusté qui gangrène parfois la concurrence. Dans un marché où le passager camerounais est devenu un « consom’acteur » friand de sécurité et de confort, Camcartour veut transformer le simple voyage en une expérience client premium.
Reste désormais à savoir si le « Maire-Promoteur » saura maintenir la cadence sur le long cours, là où les coûts de maintenance et la féroce guerre des prix font souvent caler les moteurs les plus ambitieux. L’économie camerounaise bouge, et avec Camcartour, elle roule désormais vers les cimes.



