Le silence pèse désormais sur les plantations de la Socapalm en ce mercredi 25 février 2026. L’entreprise traverse une épreuve qui dépasse les bilans comptables et les cycles de production. La découverte de deux corps sans vie à la lisière du secteur Kribi-Kienké, non loin du lycée bilingue de Kribi rural et de l’église Sainte-Marthe, plonge l’ensemble des structures productives dans un état de recueillement. Ce n’est plus de l’économie de la matière première dont il est question aujourd’hui, mais de la perte de membres de la famille élargie du géant de l’huile de palme au Cameroun.
L’identification des victimes a confirmé une réalité qui meurtrit le cœur de l’organisation. Il s’agit d’enfants d’employés de la société, des élèves dont l’avenir s’est arrêté brusquement aux abords de leur établissement scolaire. Pour la Direction Générale, ce drame pénètre l’enceinte de la communauté de travail, affectant l’équilibre des équipes et des familles qui constituent le moteur humain de l’exploitation. La douleur exprimée par la direction témoigne d’une solidarité qui unit les travailleurs face à la disparition de cette jeunesse.

L’appui logistique fourni pour le transfert des dépouilles vers la morgue de l’hôpital de Kribi marque le début d’une période de deuil pour le site. Alors que le Procureur de la République et les services compétents entament leur travail pour éclaircir les circonstances de cette tragédie, la Socapalm se place en retrait, dans une posture de respect et de coopération. La mise en place immédiate d’une cellule d’écoute et de soutien psychologique par l’équipe médicale souligne la volonté de panser des plaies qui ne se voient pas, mais qui pèsent sur le climat social de la plantation.
L’entreprise projette déjà des actions pour l’avenir, avec la création de programmes de sensibilisation destinés aux établissements scolaires environnants. Il s’agit de rebâtir un sentiment de sécurité et de vigilance autour des élèves, afin que le dialogue entre l’école, les familles et la communauté puisse se renforcer. Pour l’heure, l’appel à la retenue et au respect du chagrin des parents domine le discours officiel. Les palmes de Kienké balancent sous un vent de tristesse, dans l’attente des conclusions de l’enquête qui devra apporter des réponses à l’incompréhension générale.



