Opalm. C’est une appellation qui n’a de cesse de s’imposer et de s’habituer dans le champ lexical des entreprises oléagineuses au Cameroun. Investissement de 45 milliards de FCFA pour révolutionner la filière huile de palme, l’on note que cette infrastructure ne repose pas seulement sur des machines et des terres. Grâce à une convention stratégique signée avec l’Agence de Promotion des Investissements (API), l’entreprise bénéficie d’un arsenal d’incitations fiscales.
Depuis fin 2025, Opalm opère sous un régime d’exception. En s’appuyant sur la loi de 2013, révisée en 2017, portant sur l’incitation à l’investissement privé. Le projet bénéficie d’une phase d’installation (5 ans) en totale franchise fiscale. Exonération de droits de douane, suppression de la TVA sur les équipements et gratuité des droits d’enregistrement. Ce sont près de 9 milliards de FCFA d’économies directes sur le coût de construction des usines.
Pour le citoyen, ce chiffre peut paraître abstrait. Pourtant, il est le garant de la stabilité des prix. Sans ce coup de pouce de l’État, ces milliards de taxes auraient été mécaniquement répercutés sur le coût de revient de chaque litre d’huile produit. En d’autres termes, l’État a choisi de ne pas taxer l’investissement pour ne pas avoir à taxer la consommation.
Le plan de déploiement de Opalm, dans le cadre de cette cession, qui s’inscrit dans une logique de synergie sectorielle, bascule ensuite dans une phase d’exploitation de 10 ans. Ici, le bouclier se renforce avec la réduction d’impôts de 50 % à 75 % sur les bénéfices, le taux douanier réduit à 5 % pour les pièces de rechange et consommables, l’exonération de l’acompte d’impôt, préservant ainsi une trésorerie vitale.
Cette aisance financière n’est pas un cadeau passif. Elle va permet à Opalm de jouer son rôle de régulateur de marché. Grâce à cette trésorerie libérée, l’entreprise peut absorber les chocs de la volatilité mondiale et garantir un prix d’achat attractif aux planteurs villageois, tout en maintenant un prix de sortie d’usine compétitif pour les raffineurs.
Le litre d’huile restera stable
L’huile de palme est un produit de première nécessité dont le prix est homologué par l’État. Dans un contexte mondial marqué par l’inflation, l’entrée de Opalm ainsi que l’appel de la Socapalm, qui a elle seule ne peut couvrir le besoin en huile de palme sur la plan local, agit comme un amortisseur social à trois niveaux : l’amortissement accéléré. En effet, en payant ses usines 20 % moins cher grâce aux exonérations, Opalm peut accepter des marges plus faibles sans compromettre sa rentabilité.
Le circuit court : Les mesures de « Bonus Import-Substitution » (enlèvement direct au port) évitent les frais de stockage coûteux, garantissant que les machines tournent à plein régime sans surcoût logistique. La fin de la « Taxe sur la Taxe ». Puisque la TVA n’a pas été payée sur les outils de production, elle ne vient pas gonfler artificiellement le prix du litre d’huile brute vendu aux transformateurs de second niveau.
La vision portée par Tarek Daoud, le patron de Opalm et soutenue par l’expertise de la Socapalm transforme l’agro-industrie en un outil de paix sociale car en injectant 108 000 tonnes supplémentaires sur le marché local, ce partenariat ne se contente pas de produire de la richesse ; il sécurise le panier de la ménagère.
Grâce à cet environnement fiscal incitatif, le Cameroun ne subit plus les prix du marché mondial, il construit sa propre autonomie. La synergie entre les acteurs historiques et les nouveaux investisseurs démontre qu’avec une volonté politique forte (via l’API) et une rigueur industrielle, le développement de la chaîne de valeur devient une réalité tangible pour chaque foyer camerounais.



