Home » Transport Routier au Cameroun : le cri d’alarme de l’ASDETRO au gouvernement camerounais, face à une profession en proie à de nombreuses difficultés

Transport Routier au Cameroun : le cri d’alarme de l’ASDETRO au gouvernement camerounais, face à une profession en proie à de nombreuses difficultés

Au cœur des revendications de l'ASDETRO, figure une dénonciation qu’elle trouve virulente du mécanisme de gestion du fret par le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT). L'alliance fustige un prélèvement systématique de 14 000 FCFA par Lettre de Voiture Internationale (LVI).

by Manuella Nemaleu
0 comment

Le secteur du transport routier de marchandises au Cameroun traverse une zone de turbulences sans précédent. Réunie ce 18 février à Douala, la plateforme ASDETRO (Alliance des Syndicats pour le Développement du Transport Routier au Cameroun), portée par le GTTC et sept autres organisations majeures, a dressé un diagnostic jugé alarmant d’une profession qui « périclite » sous le poids des charges et d’une concurrence jugée déloyale.  

Le constat dressé par Ibrahima Yaya, Président national du GTTC, est sans appel : les transporteurs, autrefois figures de proue de l’entrepreneuriat local, sont aujourd’hui précarisés. La multiplication des camions immobilisés sur les corridors ne relève plus du repos, mais de pannes mécaniques impossibles à résorber face à l’explosion du coût des pièces de rechange et du carburant.  

Le « transport pour compte propre », pratiqué par les industriels et marqueteurs, est pointé du doigt comme le principal venin du secteur, créant une concurrence asymétrique qui asphyxie les professionnels de la route. À cela s’ajoutent des maux persistants. Parmi eux, des contrôles routiers excessifs et tracassiers, une insécurité croissante marquée par des agressions et des enlèvements de chauffeurs avec demandes de rançons, une pression fiscale et des tarifs à la pompe en constante revalorisation.  

14 000 FCFA

Au cœur des revendications de l’ASDETRO,  figure une dénonciation qu’elle trouve virulente du mécanisme de gestion du fret par le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT). L’alliance fustige un prélèvement systématique de 14 000 FCFA par Lettre de Voiture Internationale (LVI), indifféremment de l’appartenance syndicale, mais dont le reversement profiterait exclusivement à une seule entité, le SNTRC. Cette situation, qualifiée d’« ubuesque », est perçue comme « une atteinte grave » à la liberté syndicale et à l’équité économique.  

Des solutions sont envisagées, et vont vers un nouveau contrat de performance. Pour restaurer la viabilité du transport routier, l’ASDETRO propose au gouvernement camerounais trois leviers d’action immédiats : la réactivation du Bon de Chargement. Ce dispositif vise à sécuriser les prix du transport et à garantir le respect des quotas de fret prévus par les conventions bilatérales avec le Tchad et la RCA. La transparence des cotisations. L’alliance exige que le reversement des frais syndicaux soit équitablement réparti entre les organisations représentatives pour assurer leur déploiement opérationnel.  La mise en œuvre de la Lettre de Voiture Obligatoire (LVO). Pour le transport intérieur, ce titre est jugé indispensable pour réguler le marché et freiner l’hégémonie des grands groupes industriels sur le fret local.  

L’ASDETRO sollicite enfin l’implication des partenaires techniques désignés lors des travaux de N’Gaoundéré pour piloter ces réformes. Le message est donc envoyé et laisse entrevoir que, sans un cadre de dialogue social franc et des mesures structurelles, c’est tout le système nerveux de l’économie camerounaise qui risque la paralysie.  

You may also like

Leave a Comment

Economie du Cameroun

Bulletin d'Information

Articles Récents

@2022 – Tous Droits Réservés. Conçu et Developpé par DesignItechs