Une station-service estampillée Dash Energies sort de terre à Douala, Akwa. La structure métallique rouge et blanche, visible depuis la voie publique, reprend les codes graphiques du groupe Dash Media, propriété de Bony Dashaco.
Cette station –jadis MRS- constitue le premier point de distribution physique du groupe dans le secteur pétrolier. Elle s’ajoute à un ensemble d’actifs déjà constitué par Bony Dashaco autour de Dash Media Group, qui regroupe une chaîne de télévision, une station de radio et un magazine. Le promoteur détient également une micro-finance et une agence de communication entre autres, ce qui situe Dash Energies dans une logique de diversification d’un groupe jusque-là concentré sur les médias et les services financiers de proximité.
L’arrivée de Dash Energies intervient dans un contexte où le secteur aval camerounais des hydrocarbures accueille régulièrement de nouveaux opérateurs, à l’image de Gulfcam ou de E3 Énergies ces dernières années. La distribution de carburants au Cameroun repose sur un réseau de marketeurs qui s’approvisionnent auprès de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) et redistribuent essence, gasoil et gaz domestique à travers leurs réseaux de stations. L’entrée d’un acteur venu des médias dans ce segment traduit l’attractivité du secteur pétrolier aval, alimentée par une demande nationale en hausse constante depuis l’arrêt de la raffinerie Sonara en 2019.
Bony Dashaco [voir ici] a construit sa notoriété d’abord dans l’audiovisuel, où Dash TV et Équinoxe TV, Canal 2 international entre autres figurent parmi les chaînes suivies par le public camerounais pour le débat économique et politique. Le passage vers la distribution pétrolière représente un changement d’échelle pour le groupe, ce secteur exigeant des investissements en infrastructures de stockage, des autorisations du ministère de l’Eau et de l’Énergie, ainsi qu’une trésorerie importante pour financer les stocks de carburant.
Le secteur camerounais de la distribution des produits pétroliers compte plus d’une trentaine d’entreprises actives, parmi lesquelles Tradex, Bocom, Neptune Oil et Gulfcam figurent parmi les principaux opérateurs. Cette activité, des sources officielles, emploie près de 5 800 Camerounais et rapporte à l’État une moyenne annuelle de 140 milliards de FCFA au titre des recettes fiscales.
Sur le plan des volumes, le Cameroun a importé près de 1,8 million de tonnes métriques de produits pétroliers finis entre janvier et octobre 2025, dont environ 1,6 million de tonnes de super, gasoil et pétrole lampant, et plus de 208 000 tonnes de gaz domestique. Ces importations pèsent lourdement sur les finances publiques, leur facture s’étant établie à 974 milliards de FCFA en 2024 avant de reculer à 788,4 milliards de FCFA en 2025, sous l’effet de la baisse des cours mondiaux du raffinage. Le pays importe la totalité de ses produits pétroliers finis depuis l’incendie de la raffinerie Sonara en mai 2019.
