Le Cameroun s’apprête, du 24 avril au 29 mai 2026, à déployer sur l’ensemble de son territoire plus de 355 000 agents dans le cadre du 4e Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), couplé au Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE).
Des documents officiels détaillent la structure de rémunération prévue pour ces personnels, révélant des enveloppes globales comprises entre 343 976 F CFA et 361 226 F CFA selon la fonction exercée et la zone d’affectation.
Les barèmes établis distinguent deux configurations territoriales. D’une part les zones hors Wouri et Mfoundi, les deux départements abritant respectivement Douala et Yaoundé, et d’autre part les zones Mfoundi et Wouri, qui bénéficient d’un traitement légèrement différencié, notamment sur les frais de transport.
Cette distinction repose sur une logique de proximité géographique. Dans les grandes métropoles, les agents sont supposés résider plus près de leurs zones d’intervention, ce qui justifie des frais de déplacement réduits. Ainsi, pour un agent recenseur déployé hors Wouri et Mfoundi, la rémunération totale atteint 345 976 F CFA, décomposée comme suit : frais de subsistance pendant la formation, 1 500 F CFA par jour × 24 jours = 36 000 F CFA. Frais de transport pour rejoindre les zones de travail : forfait unique de 5 000 F CFA. Frais de subsistance pendant la collecte : 3 500 F CFA par jour × 49 jours = 171 500 F CFA. Salaire des agents : 133 476 F CFA (versement unique).
La phase de collecte constitue de loin le poste le plus lourd, représentant à elle seule près de 50 % de l’enveloppe totale. Le salaire proprement dit ne représente quant à lui qu’environ 39 % du revenu global perçu. Dans les zones Mfoundi et Wouri, le revenu total de l’agent recenseur est légèrement inférieur, soit 343 976 F CFA. La différence s’explique exclusivement par les frais de transport, ramenés à 3 000 F CFA au lieu de 5 000 F CFA, soit une économie de 2 000 F CFA sur ce poste. Le chef d’équipe dispose d’un différentiel de 15 000 à 17 000 F CFA
La fonction de chef d’équipe ouvre droit à une rémunération supérieure, en raison notamment d’une durée de formation plus longue et de frais de subsistance journaliers revalorisés pendant la phase de collecte. Hors Wouri et Mfoundi, le chef d’équipe perçoit 361 226 F CFA, soit un écart de 15 250 F CFA par rapport à l’agent recenseur. Le détail ressort les frais de subsistance pendant la formation (commune aux deux profils) : 1 500 F CFA × 24 jours = 36 000 F CFA
Frais de subsistance spécifiques chefs d’équipe pendant la formation : 1 500 F CFA × 2 jours = 3 000 F CFA, frais de transport, 5 000 F CFA, frais de subsistance pendant la collecte : 3 750 F CFA × 49 jours = 183 750 F CFA. Le salaire de base est identique pour les agents recenseurs et les chefs d’équipe, soit 133 476 F CFA dans les deux cas. C’est uniquement la revalorisation des frais de subsistance journaliers durant la collecte, 3 750 F CFA contre 3 500 F CFA, soit 250 F CFA de plus par jour, qui génère sur 49 jours un différentiel de 12 250 F CFA en faveur du chef d’équipe. Dans les zones Mfoundi et Wouri, ce même chef d’équipe perçoit 359 226 F CFA, les frais de transport étant là encore abaissés à 3 000 F CFA.
Tous assurés, mais…
Au-delà des rémunérations, les documents précisent en note de bas de page que l’ensemble du personnel de terrain est couvert par une assurance, une disposition qui souligne la conscience des autorités quant aux risques inhérents aux déplacements et missions de terrain sur l’ensemble du territoire national, y compris dans des zones parfois difficiles d’accès.
Ramenés sur la durée totale de la mission, formation incluse, soit environ 73 jours cumulés (24 jours de formation + 49 jours de collecte), les revenus des agents recenseurs s’établissent à environ 4 740 F CFA par jour pour les zones hors métropoles, frais de subsistance compris. Un niveau de rémunération qui, rapporté au SMIG camerounais fixé à 36 270 F CFA mensuel, représente un revenu global équivalent à près de dix mois de salaire minimum pour une mission de deux mois et demi.
Ces données illustrent l’ampleur financière que représente la mobilisation des personnels de terrain pour une opération statistique d’envergure nationale, dont les résultats conditionneront pour les années à venir les politiques publiques en matière de population, d’habitat et de développement agricole.
En rappel, des objectifs officiels visent à dénombrer la population, analyser les caractéristiques de l’habitat, et recenser le cheptel et les exploitations agricoles. La finalité consiste à mettre à jour les données socio-démographiques et agropastorales pour l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. Comme enjeux, la mutualisation des ressources pour rationaliser les dépenses publiques.



