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BAD/société civile : Jacques Jonathan Nyemb plaide à Abidjan pour une diaspora africaine au-delà des transferts de fonds

Avocat d'affaires camerounais et président du think-do tank The Okwelians, Jacques Jonathan Nyemb prendra part à Abidjan à une réflexion jugée stratégique sur le rôle que la société civile, les philanthropies et la diaspora africaine peuvent jouer dans la refonte de l'architecture financière du continent.

by Manuella Nemaleu
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Le 4 mai 2026, Abidjan accueillera une nouvelle séquence de la Série de Dialogues Politiques organisée par le Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD). Au cœur de cette rencontre, une question que l’institution financière continentale place désormais au sommet de ses priorités : comment la société civile, les philanthropies et les diasporas africaines peuvent-elles devenir des accélérateurs stratégiques de la Nouvelle Architecture Financière pour le Développement, la NAFAD ?

Ce dialogue s’inscrit dans la dynamique lancée le 9 avril dernier, lorsqu’un premier Dialogue consultatif de haut niveau avait réuni à Abidjan gouverneurs de banques centrales, dirigeants de fonds souverains, institutions de financement du développement et acteurs du secteur privé africain. À l’issue de ces travaux, les participants avaient adopté à l’unanimité le « Consensus d’Abidjan », un texte fondateur en onze points qui officialise la création de la NAFAD et fixe les grandes orientations pour combler le déficit de financement du développement de l’Afrique, estimé à 400 milliards de dollars par an.

De l’avis de Jacques Jonathan Nyemb (JJN), « la diaspora africaine n’est pas une source de transferts de fonds. C’est un réseau de compétences, de capital et d’engagement. La NAFAD doit créer des mécanismes pour canaliser cette dynamique vers des projets structurants. »

C’est avec cette conviction que JJN prendra part au dialogue du 4 mai. Avocat d’affaires formé à l’Université Paris II Panthéon-Assas et à la London School of Economics, inscrit aux Barreaux de Paris et du Cameroun, il préside depuis 2020 The Okwelians, un think-do tank qui rassemble aujourd’hui plus de 2 000 membres répartis sur quatre continents. Classé parmi les « 100 Legal Powerlist » par Jeune Afrique en 2021, il avait aussi siégé au conseil d’administration du GICAM –devenu Gecam- le groupement patronal camerounais, dont il fut porte-parole du président de ce patronat jusqu’en 2023. Son profil, à la croisée du droit des affaires, de l’engagement citoyen et de l’économie continentale, illustre précisément le type d’acteur que la BAD entend mobiliser dans ce processus.

 L’enjeu du dialogue du 4 mai est de taille. Si le Consensus d’Abidjan a posé les bases institutionnelles de la NAFAD, il a surtout rappelé un paradoxe structurel bien connu. L’Afrique dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne domestique à moyen et long terme, mais cette épargne ne finance pas le développement du continent. Le problème n’est pas l’absence de ressources, c’est l’absence de mécanismes d’intermédiation adaptés. Fonds de pension, fonds souverains, compagnies d’assurance, marchés de capitaux fragmentés, autant d’acteurs et d’instruments qui peinent à s’arrimer à des projets structurants. « Les enjeux liés à la structuration des financements, la mutualisation des ressources et la durabilité des investissements occupent aujourd’hui une place centrale dans les dynamiques de transformation du Continent », confie JJN.

C’est précisément dans cette faille que The Okwelians et des organisations similaires cherchent à intervenir. Depuis sa création, le think-do tank camerounais a développé des programmes de formation au leadership (O’100), d’accompagnement de jeunes entrepreneurs (OFYCL, OTPE) et de recherche appliquée (Campus chercheurs). Il a également lancé The Okwelians Overseas, un volet diaspora destiné à structurer les liens entre les communautés africaines établies à l’étranger et les écosystèmes économiques du continent. En 2025, lors du premier Sommet économique international organisé par le think-do tank, plus de 300 participants venus d’une vingtaine de pays ont planché sur 37 recommandations stratégiques compilées dans un « Livre Vert » pour la transformation du Cameroun.

Pour Jacques Jonathan Nyemb, la diaspora africaine est une ressource systématiquement sous-mobilisée, non par manque de volonté, mais par absence de cadres institutionnels adéquats. Il plaide depuis plusieurs années en faveur d’incitations administratives, fiscales et douanières susceptibles de faciliter l’investissement de la diaspora ; humain, matériel, financier,  au bénéfice du continent. « Le capital humain national, qu’il soit local ou de la diaspora, doit être au cœur de la dynamique de transformation durable de l’Afrique. La diaspora, en tant qu’ambassadrice des patrimoines et savoir-faire africains, peut grandement contribuer au rayonnement de nos économies sur la scène internationale », insiste-t-il.

Le dialogue du 4 mai vient ainsi compléter, par une entrée « acteurs non étatiques », la démarche engagée lors du Dialogue consultatif du 9 avril qui s’était davantage concentré sur les institutions publiques et les opérateurs financiers. En intégrant les philanthropies et la société civile organisée dans l’équation NAFAD, la BAD reconnaît implicitement que la souveraineté financière africaine ne se construit pas seulement en salle de conseil. Eslle se construit aussi dans les réseaux associatifs, les communautés de la diaspora et les fondations qui financent des projets là où les marchés formels ne pénètrent pas.

Les échanges d’Abidjan s’inscrivent par ailleurs dans un agenda continental plus large. Les Assemblées annuelles du Groupe de la BAD, prévues du 25 au 29 mai à Brazzaville, placeront la NAFAD au cœur des débats entre gouverneurs. La dynamique est donc bien enclenchée. Reste à en faire, selon les termes mêmes du président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, « non pas un slogan, mais une architecture du risque et du capital », une ambition dans laquelle la société civile africaine, portée par des figures comme Jacques Jonathan Nyemb, entend désormais tenir un rôle de premier plan.

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