De source officielle, Une mission économique conjointe est prévue du 30 mai au 3 juin 2026. Celle-ci entend jeter les bases d’un partenariat structuré entre le Cameroun et l’archipel santoméen dans cinq secteurs clés dont les BTP, l’agriculture, l’énergie, le commerce général et le tourisme. À la croisée des intérêts mutuels, cette initiative révèle un potentiel encore largement inexploré entre deux économies complémentaires du Golfe de Guinée.
En effet, nichée au cœur du Golfe de Guinée, à moins de 300 kilomètres des côtes camerounaises, la République démocratique de Sao Tomé et Príncipe affichait un PIB de 950 millions de dollars en 2024 selon le FMI, avec un PIB par habitant de 3 930 dollars. (Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères) Derrière ce chiffre modeste se cache une réalité contrastée. Les services représentaient 81,5 % du PIB en 2022, et la croissance du PIB réel était quasi nulle, autour de 0,5 % en 2023. L’inflation a fortement augmenté, atteignant 21,3 % fin 2023, contraignant l’État à conclure en décembre 2024 un programme triennal de stabilisation avec le FMI, doté de 24 millions de dollars. (Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères) Ce contexte de fragilité structurelle est aussi, pour les investisseurs avisés, une invitation à intervenir sur un marché encore vierge.
Pour les entreprises camerounaises, l’archipel présente plusieurs atouts de premier plan. Le premier est géostratégique. Sao Tomé ambitionne de devenir une plateforme de transbordement régionale grâce à un futur port en eau profonde pouvant recevoir des navires de 300 000 tpl, avec un tirant d’eau de 16 mètres, et un coût estimé entre 500 et 800 millions de dollars, capable de rayonner de la Côte d’Ivoire jusqu’en Angola.
Le deuxième atout tient au potentiel touristique exceptionnel de l’archipel. En septembre 2025, l’Unesco a classé l’intégralité du pays en réserve mondiale de biosphère, une première dans l’histoire de cette institution. Le troisième levier est celui des hydrocarbures. Les réserves offshore de l’archipel ont été réévaluées à environ 2 milliards de barils, l’équivalent de celles de Dubaï, partagées avec le Nigeria et le Gabon sur une zone de développement conjoint.

Ce que le Cameroun peut apporter à l’archipel
Les matériaux de construction, les véhicules motorisés et les produits alimentaires figurent parmi les principaux produits importés par Sao Tomé, (Comptoir des voyages) autant de créneaux où les exportateurs camerounais peuvent se positionner avantageusement par la proximité géographique. La société franco-camerounaise Kennyson a ainsi investi 4 millions d’euros dans la réhabilitation de 420 hectares de plantations de cacao et dans une chocolaterie opérationnelle depuis mars 2018, (Direction générale du Trésor) démontrant que l’intégration verticale est viable sur l’archipel. Par ailleurs, le dobra santoméen est arrimé à l’euro suite à l’accord de libre-échange signé en 2004 avec la CEMAC, (Direction générale du Trésor) garantissant une stabilité de change favorable aux transactions régionales.
La mission du 30 mai au 3 juin 2026 offre aux acteurs économiques camerounais une occasion rare de s’implanter en amont dans un archipel qui s’ouvre, avec le soutien du FMI et de la BAD, à une nouvelle séquence de développement. Dans le Golfe de Guinée, la fenêtre est ouverte.



