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Intégration économique sous-régionale : Pro Meet Up 5 lance le compte à rebours vers une Afrique centrale des corridors et des chaînes de valeur

La 5e édition du Pro Meet Up (PML5) a tenu son kick-off institutionnel régional et national ce 1er juin 2025 à Yaoundé, sous l'égide du ministre des Transports. Réunissant des délégations de six pays de la CEMAC, la CEA-ONU, le PAPSS et des opérateurs économiques majeurs, la cérémonie a posé les jalons d'une conférence principale prévue du 14 au 16 septembre 2026, autour d'un projet inédit, faire des corridors de transport les catalyseurs de chaînes de valeur sous-régionales.

by Manuella Nemaleu
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Dans une salle de conférence arborant les drapeaux du Cameroun, du Tchad, du Gabon, de la Guinée équatoriale, du Rwanda et de la République centrafricaine, la cérémonie d’ouverture du kick-off institutionnel du Pro Meet Up 5 a réuni plusieurs centaines de participants. Ministres, ambassadeurs, directeurs généraux d’entreprises de transport et d’industrie, représentants d’institutions régionales- CEMAC, CEA-ONU, PAPSS- et partenaires au développement comme l’Union européenne et Expertise France ont pris place autour de longues tables recouvertes de draps blancs. L’ambiance, solennelle mais empreinte d’une énergie certaine, témoignait de l’ampleur des enjeux.

C’est Carole Mbessa Elongo, présidente fondatrice du Pro Meet Up, qui a ouvert le bal. Dans un discours mêlant confidence personnelle et appel à l’action collective, elle a retracé le chemin parcouru depuis la première édition. « Lorsque nous avons commencé à travailler sur cette initiative il y a plusieurs mois, je me suis souvent posé la question : mais pourquoi te compliques-tu autant la vie ? Et je dois vous avouer qu’en regardant cette salle aujourd’hui, je ne me pose plus du tout la question. Parce que chaque fois que des hommes et des femmes décident de se réunir non pas pour commenter les défis, mais pour construire les solutions, il se passe généralement quelque chose d’intéressant », a-t-elle déclaré sous les applaudissements.

Évoquant un chiffre qui résume à lui seul le paradoxe de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac), elle a rappelé que seulement 5 % des matières premières produites dans la sous-région font l’objet d’une transformation locale significative, tandis que le commerce intrarégional plafonne à 4 %. Face à ce constat, elle a présenté le corridor pilote Douala-N’Djamena-Bangui-Port-Gentil comme terrain d’expérimentation d’un modèle susceptible d’être reproduit à l’échelle de la CEMAC. « L’ambition ne sera pas d’identifier simplement des filières. Elle sera de démontrer comment les corridors intégrateurs peuvent devenir les leviers de structuration, de compétitivité et de développement à l’échelle régionale », a-t-elle conclu, citant Julius Nyerere. « Le développement n’est pas une question d’argent. C’est une question de personnes et de leur capacité à s’organiser pour construire leur avenir. »

La CEMAC emboîte le pas

Le représentant du représentant du  président de la CEMAC a salué l’approche proposée par le PML5, qu’il a qualifiée d’innovation conceptuelle de premier ordre. Rappelant que nos économies exportent encore massivement leurs ressources à l’état brut, « une sorte de persistance du pacte colonial », il a souligné la portée stratégique de la notion de « corridor catalyseur de chaînes de valeur ». « Un corridor moderne ne doit plus seulement permettre le déplacement des marchandises. Il doit désormais connecter des bassins de production, structurer les filières industrielles, faciliter la transformation locale, intégrer des systèmes logistiques, soutenir les paiements régionaux, stimuler l’investissement et créer des écosystèmes économiques transfrontaliers », a-t-il martelé. Il a précisé que cette initiative s’inscrit pleinement dans les objectifs du Programme Économique Régional de la CEMAC et du plan stratégique CEMAC 2026-2030, dont le renforcement de l’intégration régionale, l’industrialisation et la facilitation des échanges constituent les axes majeurs.

Jean Ernest Massena, ministre des Transports, a donné à la cérémonie sa dimension politique et opérationnelle. Se félicitant de la présence de la CEA-ONU, de la CEMAC et du PAPSS, il a rappelé les investissements structurants menés par le Cameroun sous la haute impulsion du président Paul Biya pour consolider sa position de hub logistique régional- port de Kribi, extension portuaire, modernisation des corridors trans-camerounais Douala–N’Djamena, Douala–Bangui, Kribi–N’Djamena et Kribi–Bangui- digitalisation des procédures. « Les corridors de transport ne sauraient plus être appréhendés comme de simples axes de transit. Ils constituent aujourd’hui de véritables leviers stratégiques de compétitivité, d’industrialisation, de fluidification des échanges et de création de richesses », a-t-il déclaré. Annonçant un travail en étroite collaboration avec l’ensemble des structures sous tutelle jusqu’à la conférence de septembre 2026. « Notre ambition commune est claire, faire des transports un véritable accélérateur de croissance, de compétitivité et d’intégration régionale », a-t-il souligné.

Le lancement de ce processus intervient alors que la ZLECAf ouvre un marché continental de 1,4 milliard de consommateurs,  un horizon que le Pro Meet Up 5 entend transformer, corridor par corridor, en opportunité concrète pour l’Afrique centrale. La conférence principale du Pro Meet Up 5 est prévue du 14 au 16 septembre 2026.

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