Une task force conjointe entre la Sonamines, la direction générale des impôts et la direction générale des douanes démarre le 1er août 2026 un redressement fiscal et douanier ciblant la filière aurifère. L’opération vise à recouvrer les recettes issues de déclarations minorées ou absentes, qui ont privé l’État de la collecte des impôts et taxes dus par les sociétés extractives présentes au Cameroun.
Le dispositif recense 84 entités concernées sur le territoire national. Un premier groupe de 51 sociétés a physiquement extrait de l’or et transmis des déclarations jugées minorées par les administrations compétentes. Un second groupe de 33 sites exploite de nouveaux systèmes d’extraction sans avoir, selon le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, procédé à une seule déclaration de production. Aucune collecte de taxe n’a été enregistrée sur ces sites.
À l’international, le redressement s’appuie sur des informations recueillies principalement aux Émirats arabes unis. En collaboration avec les autorités de ce pays, les administrations camerounaises entendent établir la liste des personnes physiques et morales ayant exporté de l’or depuis le Cameroun entre 2023 et 2026. Cette démarche doit permettre de récupérer des recettes fiscales que les sources du dossier évaluent à plusieurs centaines de milliards de FCFA.
Les agents mandatés par la Sonamines, la direction générale des douanes et la direction générale des impôts fixent l’objectif du redressement interne à 300 milliards de FCFA à reverser au Trésor public. Ce montant doit combler les pertes de recettes mentionnées dans le rapport 2023 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, qui les chiffrait à environ 165 milliards de FCFA.
Les deux volets du redressement, interne et externe, poursuivent un objectif commun. Il s’agit d’abord d’un rattrapage des recettes non perçues au cours des exercices précédents. Il s’agit ensuite de garantir, pour l’avenir, une collecte effective grâce au nouveau dispositif de suivi de la production aurifère, qui repose sur le recours à une société d’expertise internationale et sur une collecte à la source assurée directement par les administrations fiscales et douanières, en lien avec la Sonamines.
Ce dispositif doit également réduire les écarts entre les volumes physiques d’or produits et les montants d’impôts et taxes effectivement recouvrés. Il vise enfin à établir une traçabilité des sociétés et personnes physiques qui exportent l’or camerounais, condition posée par les autorités pour sécuriser durablement les recettes tirées du secteur.
