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Agroalimentaire : Barry Callebaut mise près de 2,95 milliards de FCFA sur la science en France, pendant que le Cameroun reste un pilier de sa stratégie africaine

Le numéro un mondial du chocolat a posé la première pierre d'un nouveau laboratoire de microbiologie sur son site normand de Louviers. Un investissement modeste à l'échelle du groupe, mais révélateur d'une stratégie de qualité qui concerne directement le Cameroun, terre d'implantation historique du chocolatier suisse depuis les années 1950.

by Manuella Nemaleu
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Barry Callebaut a officiellement lancé, le 10 juillet 2026, la construction d’un nouveau laboratoire de microbiologie sur son site industriel de Louviers, dans l’Eure. L’investissement, d’environ 4,5 millions d’euros, vise à renforcer les capacités d’analyse, la sécurité alimentaire et la compétitivité du site, soit environ 5,1 millions de dollars (près de 2,95 milliards de FCFA).

La cérémonie de pose de la première pierre s’est tenue en présence d’élus locaux et de la sous-préfète, rapporte le site institutionnel de l’agglomération Seine-Eure. Sur les réseaux professionnels, plusieurs relais, dont le consultant Florent Roger, ont salué ce geste du « géant du chocolat belgo-suisse » (LinkedIn) employant quelque 13 000 collaborateurs dans le monde.

Selon les explications recueillies auprès du groupe, ce futur bâtiment remplacera le laboratoire existant et permettra d’augmenter les capacités d’analyses microbiologiques tout en garantissant la continuité des activités du site. Le projet s’inscrit dans une stratégie de long terme centrée sur la qualité, la sécurité alimentaire et l’excellence opérationnelle. Il vient s’ajouter à des investissements antérieurs plus lourds : Le Journal des Entreprises rappelait qu’un précédent programme, portant sur de nouvelles lignes de production et des laboratoires de R&D, avait mobilisé environ 21 millions d’euros sur ce même site, qui compte un peu moins de 300 salariés.

Le Cameroun, terre d’implantation historique

Si Louviers concentre aujourd’hui l’attention, Barry Callebaut n’est pas un inconnu au Cameroun. Le groupe y est présent à travers sa filiale la Société industrielle camerounaise des cacaos (SIC Cacaos), dont l’origine remonte à 1952, année d’ouverture de la première usine de transformation de Cacao Barry en Afrique- avant même la naissance de Barry Callebaut, née en 1996 de la fusion avec le belge Callebaut. La SIC Cacaos fut, à l’époque, la toute première société de traitement de fèves créée dans un pays producteur.

Depuis, le groupe a régulièrement renforcé son outil industriel à Douala. En mai 2015, il avait investi environ 5 milliards de FCFA (près de 8,7 millions de dollars) dans un nouveau torréfacteur et des équipements de broyage, avec l’ambition de porter sa capacité de 32 000 à 50 000 tonnes. En 2019, le groupe a également signé avec le gouvernement camerounais un accord de coopération autour de la culture durable du cacao, baptisé « New Generation », visant à rajeunir les plantations et attirer les jeunes producteurs.

Des résultats financiers contrastés en 2024/25

Sur le plan financier, Barry Callebaut sort d’un exercice décalé 2024/2025 (clos fin août) marqué par des chiffres en trompe-l’œil. Le chiffre d’affaires a bondi de 42,4 % pour atteindre 14,79 milliards de francs suisses- environ 18,2 milliards de dollars (10 460 milliards de FCFA)- porté par la flambée des prix du cacao plutôt que par les volumes, qui ont au contraire reculé de 6,8 % à 2,13 millions de tonnes. Le bénéfice net s’est établi à 185,9 millions de francs suisses (environ 228,7 millions de dollars, soit 131,5 milliards de FCFA), en léger recul par rapport aux 189,8 millions de l’exercice précédent, selon les données publiées par Zonebourse. Le bénéfice net récurrent, lui, a chuté de plus de 40 %, conséquence directe de la baisse des volumes et des investissements consentis pour s’adapter à la crise du marché du cacao.

Pour l’exercice 2025/26, la direction du groupe dit vouloir se concentrer sur le désendettement avant de préparer un retour à la croissance des volumes, selon les propos rapportés par Boursorama. C’est dans ce contexte financier tendu que s’inscrit l’investissement, plus modeste, de Louviers,  un signal que le groupe entend continuer à investir dans la qualité et la sécurité alimentaire malgré la pression sur ses marges, y compris sur ses sites africains historiques comme celui de Douala.

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