La valeur ajoutée du secteur extractif tombe à 276,9 milliards de FCFA en volumes chaînés en 2025, contre 294,9 milliards en 2024 et 605,8 milliards en 2020. La composante hydrocarbures suit la même trajectoire, passant de 555,9 milliards en 2020 à 244,5 milliards en 2025. La baisse la plus marquée intervient en 2021, avec un effondrement de 46% de la production d’hydrocarbures, avant une succession de replis plus modérés mais continus jusqu’en 2025.
Cette dynamique se retrouve dans les données de la Société Nationale des Hydrocarbures. Les recettes reversées à l’État camerounais s’établissent à 364,58 milliards de FCFA en 2025, contre 515 milliards en 2024, une chute de 29 % par rapport à l’année précédente. La production nationale de brut recule de 9,37 % pour atteindre 19,37 millions de barils, une deuxième baisse consécutive après un repli de 10,49 % entre 2023 et 2024. Les gisements camerounais, découverts dans les années 1970-1980, entrent dans une phase d’épuisement naturel. (Cameroun: Crise ou opportunité ? La chute vertigineuse du pétrole +3)
L’écart entre les deux jeux de données, 6,6 % pour la valeur ajoutée selon l’INS et 9,37 % pour les volumes physiques selon la SNH, s’explique en partie par la différence de méthode entre comptabilité nationale et statistiques de production, mais les deux séries convergent sur le sens de l’évolution.
Le contexte international amplifie cette contraction. Le prix moyen du pétrole brut recule de 14,5 % en 2025, après une baisse de 2,3% en 2024, sous l’effet d’une demande mondiale moins dynamique et d’une amélioration des conditions d’approvisionnement sur les marchés internationaux. Les produits énergétiques figurent parmi les rares catégories de matières premières exportées par le Cameroun à enregistrer une évolution négative des cours en 2025, alors que le café arabica progresse de 50,6 % et le cacao de 6,4 %.
Sur le plan des échanges extérieurs, les produits énergétiques restent le premier poste d’exportation du pays malgré leur repli. Leur valeur tombe à 1 137,2 milliards de FCFA en 2025, contre 1 408,5 milliards en 2024 et un pic à 2 182,9 milliards en 2022. Cette baisse contribue directement à la dégradation du solde commercial, qui atteint -1 261 milliards de FCFA en 2025 contre -987,8 milliards en 2024.
Le repli du secteur extractif contraste avec la performance d’ensemble du secteur secondaire, qui progresse de 2,6% en 2025 grâce aux industries agroalimentaires (3,6%), aux autres industries manufacturières (4,4%) et au bâtiment-travaux publics (4,3%). Sans la contraction des industries extractives, la croissance du secteur secondaire aurait été sensiblement supérieure à 2,6%.
Pour 2026, l’INS anticipe une consolidation progressive de la croissance nationale, portée notamment par l’entrée en exploitation de nouveaux projets miniers et le renforcement des infrastructures économiques, sans mention d’un redressement attendu de la production d’hydrocarbures. Le déclin de ce sous-secteur apparaît ainsi comme une tendance de fond plutôt que comme un accident conjoncturel, posant la question du calendrier et de l’ampleur des investissements d’exploration nécessaires pour ralentir l’épuisement des gisements existants.
