Sous des hangars aux toits de tôle, entre bancs de bois et chaises en plastique disposées en cercle, les équipes de Socapalm ont pris place face aux habitants des villages riverains des plantations. À Ongue, sous une charpente ouverte aux quatre vents, hommes et femmes se sont installés autour des représentants de l’entreprise pour aborder les demandes d’emploi et de stages, l’accès à l’eau, l’électrification et le manque d’enseignants. Le chef du village, Sa Majesté Nkone Etienne, a réaffirmé la volonté d’Ongue de maintenir des relations de coopération avec l’exploitant.
À Déhanè, le foncier a dominé les échanges. Les habitants réclament la rétrocession d’un espace destiné aux activités agricoles des jeunes. Le chef Mikangue Jean Marie a évoqué un passage progressif d’une période de méfiance à un dialogue plus ouvert, tout en maintenant la question de l’espace vital parmi les attentes du village. Autour de tables installées à même la cour, entre bâtiments en terre battue et parcelles de palmiers visibles en arrière-plan, les échanges ont porté sur la révision des limites de la concession et sur les usages agricoles compatibles avec le périmètre industriel.
Cette séquence bipartite a trouvé un prolongement le 15 septembre à Kribi, lors de la 27ᵉ plateforme tripartite réunissant pouvoirs publics, Socapalm, chefs et notables des communautés riveraines. Sous une bâche tendue, face à une bannière frappée du logo de l’entreprise, représentants du cadastre, du ministère de l’Administration territoriale et de la chefferie traditionnelle du 3ᵉ degré du village Ndolemonga ont pris part aux discussions sur le bornage. Le représentant du cadastre a indiqué que le travail technique était achevé et qu’il restait la transmission du dossier à la préfecture. Des chefs ont contesté l’implantation de certaines bornes. L’administration a demandé que les réserves soient examinées avant toute validation. Avant la signature du procès-verbal, toutes les parties devront se mettre d’accord, a rappelé le représentant du préfet.

L’électrification de Bidou 2, les projets communautaires et la certification RSPO ont également figuré au programme, avec des échanges sur les droits humains, l’emploi local, les consultations communautaires et le mécanisme indépendant de gestion des plaintes. La sécurité et le vol de régimes de noix de palme ont complété la liste des points examinés.
Pour le directeur général de la Socapalm, Frédéric Augé, ces rencontres nourrissent le pilotage de l’entreprise depuis le siège. Nous voulons bâtir une entreprise où les décisions prises au siège sont éclairées par les réalités du terrain, a-t-il déclaré, ajoutant que cette orientation résume l’esprit de Socapalm 2.0. Le projet vise un rendement moyen de quatre tonnes par hectare à l’horizon 2028, appuyé sur les itinéraires techniques, la maîtrise des pertes post-récolte, l’entretien des plantations, la planification des opérations, la formation, la stabilisation de la main-d’œuvre et la gestion des compétences.
Dans les cours des exploitations, entre échanges informels et prises de notes sur carnets, les équipes de terrain de Socapalm ont consigné les engagements pris village après village, de Kienké à Édéa, de Dibombari à Mbongo et Mbambou.
La démarche s’appuie sur la circulation de l’information entre le siège et les plantations, ainsi que sur la responsabilisation des équipes locales. Les rencontres servent à présenter l’état d’avancement des engagements, expliquer les procédures de recrutement, suivre les projets communautaires et rappeler les exigences du cahier des charges RSPO.

Le dispositif ne fait pas disparaître les revendications foncières, les demandes d’emploi ou les attentes liées aux projets locaux. Il installe un cadre de discussion entre l’entreprise, les communautés et l’administration, assorti d’un suivi des décisions prises en réunion. Frédéric Augé, le directeur général de la Socapalm annonce, pour chaque plantation, des objectifs, une feuille de route et des indicateurs de suivi. La direction générale de l’entreprise entend poursuivre le travail engagé sur la sécurité, les compétences, le dialogue social et la durabilité.
