Le résultat accroche. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, le Port Autonome de Kribi (PAK) a traité 555 398 EVP, captant ainsi 37,5 % du trafic conteneurisé national. Le tonnage global manutentionné ressort à 12,7 millions de tonnes, en progression de 19 % par rapport à l’exercice précédent. Ces volumes placent le PAK en tête des terminaux à conteneurs du pays, devant l’infrastructure de Douala, historiquement dominante dans le transbordement et le trafic de cabotage.
Sur le plan financier, le chiffre d’affaires du PAK s’établit à 35,3 milliards FCFA pour l’exercice, avec un résultat net excédant 3,4 milliards FCFA. Côté recettes douanières, le terminal a mobilisé 350 milliards FCFA en 2025, portant le cumul depuis le démarrage des opérations commerciales en 2018 à plus de 1 200 milliards FCFA reversés au Trésor public. Une contribution directe au financement des politiques publiques que la direction du port revendique comme l’un des marqueurs de son utilité nationale.
Conçu dès l’origine comme une plateforme industrielle intégrée, le PAK ambitionne de positionner le Cameroun en hub logistique de la sous-région Afrique centrale. Sa façade maritime, ses postes à quai dédiés aux navires de grande capacité, ses installations de stockage et ses zones d’activités industrielles en font un outil de desserte pour les pays de l’hinterland, Tchad, République centrafricaine, mais aussi le nord du Congo-Brazzaville. En 2025, la consolidation du trafic de transbordement et l’extension des lignes régulières desservant le terminal témoignent d’une attractivité croissante auprès des grands armateurs.
Si les chiffres de trafic et de productivité retiennent l’attention, la Direction Générale du PAK insiste sur la dimension sociale de la performance. Le port se présente aujourd’hui comme l’un des premiers employeurs de la région du Sud. Plus de 5 000 emplois directs ont été créés depuis l’ouverture du terminal : agents portuaires, officiers de port, grutiers, personnels techniques, administratifs et de manutention. À ces effectifs directs s’ajoutent plus de 5 000 emplois indirects générés dans les secteurs du transit, de la consignation, du transport terrestre, de la sous-traitance et des services aux entreprises.
La montée en compétence des équipes locales constitue un axe affiché de la politique de ressources humaines. La formation aux métiers portuaires — conduite d’engins de levage, gestion des flux documentaires, respect des procédures de sûreté maritime — s’inscrit dans une logique de substitution progressive aux compétences expatriées, présentes en nombre lors du démarrage des opérations.
Objectifs 2026
Après avoir dépassé le port de Douala sur le segment conteneurisé, la direction du PAK entend consolider ses positions sur les trafics conventionnels et vraquiers, tout en accélérant la mise en service des zones industrielles contiguës au terminal. Le développement de la zone économique spéciale de Kribi, adossée aux infrastructures portuaires, figure parmi les leviers identifiés pour attirer les investissements dans les filières de transformation locale bois, produits agricoles, minerais.
Le PAK revendique par ailleurs une conformité aux normes du Code ISPS (International Ship and Port Facility Security Code), gage d’accès aux lignes maritimes internationales les plus exigeantes en matière de sûreté portuaire. Un prérequis indispensable pour prétendre au statut de port d’escale régional dans un contexte de recomposition des routes maritimes en Afrique subsaharienne.



