Pour mieux cerner le rôle clé de cette rencontre, jetons d’abord un regard sur le tableau de bord des échanges commerciaux entre le Cameroun et les US. Les chiffres donnent la mesure du défi. En 2024, les États-Unis ne représentaient que 3,7 % des exportations camerounaises, selon l’Institut national de la statistique (INS), soit 120,4 milliards de FCFA, loin derrière les Pays-Bas, l’Inde ou l’Italie. Et la tendance récente n’est pas encourageante. Entre 2024 et 2025, si les volumes expédiés vers les États-Unis ont progressé de 12,6 %, passant de 12 959 à 14 588 tonnes, la valeur totale des exportations a reculé de 46 milliards à 38,3 milliards de FCFA, soit une baisse de 16,6 % en glissement annuel. Cette contraction des recettes est intervenue après la décision de Washington, en août 2025, d’appliquer des droits de douane de 15 % sur certaines importations camerounaises.
C’est dans ce contexte que American Liaison in Africa (ALA) organise son Export Readiness Training 2026, première phase du programme Africa Trade Accelerator (ATA). L’événement se tient sous le haut patronage du Premier Ministre du Cameroun et avec le soutien de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique. Derrière l’initiative, un constat partagé par les acteurs du secteur. Les entreprises camerounaises butent sur des obstacles techniques, réglementaires et commerciaux qui freinent leur accès aux marchés structurés. Les exigences de la FDA et de l’USDA, les procédures douanières américaines, les normes de traçabilité et de certification, l’accès au financement export, le branding ou encore la maîtrise des procédures juridiques liées à l’export restent des domaines peu maîtrisés par la majorité des PME locales.
La formation, d’une durée de deux jours intensifs au Platinum Cocotier de Douala, vise à corriger ces lacunes. Au programme : les exigences réglementaires du marché américain, les mécanismes de financement du commerce international, le branding et le packaging pour l’export, la structuration d’une stratégie commerciale à l’international, et les connexions B2B entre producteurs, exportateurs, acheteurs et investisseurs. La digitalisation et la traçabilité seront également au cœur des échanges.
Le public attendu est large. PME et PMI, coopératives agricoles, startups, producteurs agroalimentaires, exportateurs, institutions financières, acteurs logistiques et portuaires : tous sont concernés. Les organisateurs précisent que 85 % des participants devraient être des propriétaires d’entreprise ou des dirigeants, et que le programme encourage la participation des jeunes et des femmes entrepreneurs.
L’événement prévoit la collaboration avec des institutions telles que AmCham Cameroon, la CCIMA, le CAPEF, l’ANOR, ainsi que plusieurs ministères- Commerce, PME, Agriculture, Industrie, Économie- et des partenaires logistiques, financiers et privés. Des experts américains sont également attendus.
La participation est fixée à 50 000 FCFA, couvrant l’accès aux sessions, la documentation, les pauses, un certificat et l’accès aux activités de networking. Les inscriptions se font en ligne sur www.alachoice.com/ata/, avec paiement par Mobile Money.
En rappel, la pâte de cacao reste le premier produit camerounais exporté vers les États-Unis, mais cette dépendance à une matière brute peu transformée illustre précisément ce que la formation cherche à dépasser. Le Conseil national des chargeurs du Cameroun recommande d’accélérer la transformation locale des matières premières afin d’exporter des produits à plus forte valeur ajoutée. C’est le sens de la démarche portée par Emilie Siewe, présidente et co-fondatrice d’ALA : transformer le potentiel productif du pays en flux commerciaux durables vers les marchés internationaux.



