Réunis le 13 mai 2026 dans la capitale des Émirats, les administrateurs de CSTAR Petroleum, CSTAR Refinery et CSTAR Tank Farm ont posé les bases d’un tournant historique pour le secteur pétrolier camerounais. En effet, dans les salles feutrées d’un hôtel de Dubaï, sous le logo aux couleurs du drapeau camerounais, quelque chose d’historique s’est cristallisé. Les conseils d’administration de CSTAR Petroleum, CSTAR Refinery et CSTAR Tank Farm se sont réunis pour la première fois depuis la mobilisation du financement structurant du projet et la salle, peuplée d’une vingtaine de dirigeants venus de trois continents, portait le poids de cet instant.
Quelques jours plus tôt, la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) et BGFI Bank Cameroun avaient signé une convention de financement de 120 milliards de FCFA. Une mise de fonds qui constitue la contribution directe de l’État camerounais à la construction de la raffinerie, développée en partenariat avec Ariana Energy. Sur la table du conseil, cette signature a été reçue comme le signal que le compte à rebours avait véritablement commencé. « CSTAR constitue aujourd’hui un levier essentiel pour la transformation du secteur pétrolier camerounais et le renforcement de la souveraineté énergétique nationale », confie-t-on.

Présidant les travaux, Nathalie Moudiki- par ailleurs, Chairlady et CEO de CSTAR- a tenu à inscrire la rencontre dans le long terme. La dirigeante de la SNH, dont la silhouette dorée tranchait sur les costumes sombres de ses homologues, a rappelé que le projet ne se résumait pas à une infrastructure industrielle : c’est une affirmation de la capacité du Cameroun à maîtriser son destin énergétique.
Abakal Mahamat, présent à cette rencontre en tant que représentant d’un partenaire stratégique, a de son côté souligné l’importance d’un projet appelé à transformer durablement le paysage énergétique du pays. Une formule qui résonne d’autant plus que les administrateurs ont pu prendre acte de progrès techniques tangibles sur le chantier de Mboro, à Kribi.
L’on note une poignée de mains à quatre, devant le logo CSTAR, réunissant des représentants africains, européens et asiatiques. Un geste simple, mais qui traduit une géopolitique énergétique en train de se recomposer autour du golfe de Guinée.
L’ambition, des explications officielles, est qu’à l’horizon 2028, la raffinerie de Mboro devra atteindre une capacité de 30 000 barils par jour, positionnant le Cameroun comme un acteur régional du raffinage et réduisant sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés, un paradoxe historique pour un pays producteur de brut.
En rappel, CSTAR est une infrastructure qui, des prévisions de la SNH, permettra de la réduction de 30 % des importations de produits pétroliers finis, une économie de 750 millions de dollars (près de 400 milliards de FCFA) pour un État qui a dépensé 1 000 milliards de FCFA en 2022 contre 640 milliards FCFA en 2023 et envisage même, sous la pression du FMI, la suppression totale des prix à la pompe. La SNH envisage des recettes additionnelles de 250 millions de dollars (près de 141 milliards de FCFA) issues des exportations de carburants marins et en moyenne 2000 emplois directs, 5000 indirects sont dans le pipe.




