La Société camerounaise de palmeraies (SOCAPALM) a enregistré un chiffre d’affaires et autres produits de 94,9 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, contre 104,4 milliards un an plus tôt, soit un repli de 9,1 %. La direction impute cette contraction à « la baisse des productions », sans préciser les volumes concernés. Cette évolution pèse mécaniquement sur la valeur ajoutée, qui recule de 37,2 milliards à 35,5 milliards de FCFA, et sur l’excédent brut d’exploitation, qui passe de 26,6 milliards à 24,4 milliards de FCFA.
Le résultat d’exploitation suit la même trajectoire et chute de 19,1 milliards à 15,5 milliards de FCFA, soit une baisse de 18,5 %. La masse salariale, en hausse de 5,3 % à 11,2 milliards de FCFA, et les dotations aux amortissements et provisions, stables à 8,9 milliards de FCFA, pèsent sur la rentabilité opérationnelle.
C’est la ligne impôt sur le résultat qui explique l’apparent paradoxe de l’exercice. Un résultat net en hausse malgré une dégradation de l’activité. L’impôt sur le résultat est passé de 8,1 milliards de FCFA en 2024 à 4,7 milliards en 2025, soit une réduction de 41,7 %. L’état annexe l’indique clairement : « le résultat net est en hausse compte tenu de l’impact de la vérification générale de comptabilité sur les comptes de 2024 ». En d’autres termes, la charge fiscale exceptionnellement élevée de 2024 avait minoré le résultat de cet exercice. Le résultat net après impôt s’établit à 10,6 milliards de FCFA en 2025 contre 10,4 milliards en 2024, soit une progression de 2,2%.
Le total du bilan social s’élève à 91,5 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, quasi stable par rapport aux 91,8 milliards de l’exercice précédent. L’actif immobilisé représente 71,9 milliards de FCFA, en recul de 2,1 milliards, reflétant l’effet des amortissements supérieurs aux investissements nets réalisés.
Les capitaux propres reculent de 66,4 milliards à 65,6 milliards de FCFA, en raison principalement de la distribution de dividendes qui excède le résultat dégagé. Les dettes financières se contractent significativement, de 2,6 milliards à 1,2 milliard de FCFA, signe d’un désendettement en cours. Le passif circulant, en revanche, progresse de 22,7 milliards à 24,7 milliards de FCFA, porté notamment par la hausse des avances clients de 1,9 milliard à 3,7 milliards de FCFA.
Par ailleurs, le tableau de flux de trésorerie révèle une capacité d’autofinancement de 19,8 milliards de FCFA, en progression par rapport aux 18,4 milliards de 2024. Les flux opérationnels atteignent 20,1 milliards de FCFA. Les investissements ont mobilisé 7,5 milliards de FCFA, principalement en immobilisations corporelles, dont 2 milliards pour les investissements agricoles, 3,4 milliards pour l’industriel, 0,7 milliard pour le matériel roulant et 1,4 milliard pour divers. Après versement de 11,4 milliards de dividendes et remboursement de 1,5 milliard d’emprunts, la trésorerie nette au 31 décembre 2025 ressort à 5,1 milliards de FCFA, contre 5 milliards un an auparavant.
Le périmètre de consolidation intègre Socapalm, SPFS PALM’OR détenue à 100 %, et CAMSEEDS détenue à 99,54 %. Le bilan consolidé totalise 92,6 milliards de FCFA. Le chiffre d’affaires consolidé s’élève à 97,7 milliards de FCFA. Le résultat net consolidé atteint 11,2 milliards de FCFA, dont 11,15 milliards revenant à l’entreprise consolidante. La trésorerie consolidée ressort à 8,2 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, contre 7,1 milliards fin 2024.
Un dividende de 2 325 FCFA par action
Le conseil d’administration propose d’affecter le bénéfice distribuable de 10,67 milliards de FCFA- comprenant le résultat de l’exercice et un report à nouveau de 36,7 millions- en dividendes à hauteur de 10,64 milliards de FCFA, soit 2 325 FCFA par action brut. Le solde, 36,1 millions de FCFA, sera maintenu en report à nouveau. Après application de l’impôt sur le revenu des capitaux mobiliers, le dividende net variera selon le statut de l’actionnaire : 2 069,25 FCFA pour les actions cotées en bourse (IRCM 11%), 1 941,38 FCFA pour les actionnaires non cotés domiciliés hors France (IRCM 16,5%), 1 976,25 FCFA pour ceux domiciliés en France (IRCM 15%), et 1 557,75 FCFA pour les actionnaires résidant dans un pays considéré comme un paradis fiscal (IRCM 33%). Le versement interviendra « au plus tard le 30 septembre 2026 ».



