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Energie : Gaz du Cameroun veut importer de nouveaux équipements pour sécuriser ses réserves, la Douane appelée en soutien

Cette sollicitation intervient dans un contexte national où la trajectoire du secteur gazier camerounais s'annonce difficile.

by Manuella Nemaleu
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Face à la baisse de ses réserves gazières, Gaz du Cameroun (GDC) sollicite des facilités douanières pour importer les équipements nécessaires au maintien de son approvisionnement. La Douane camerounaise se dit disposée à accompagner la manœuvre, dans le respect de la réglementation en vigueur.

Dans le détail, le 4 août 2026, le Directeur Général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a reçu  une délégation de GDC, conduite par le Managing Director de l’entreprise, Eric Friend. De cette rencontre, des sources officielles relèvent que cette audience a permis aux responsables de GDC de présenter au Directeur Général des Douanes un projet destiné à renforcer l’approvisionnement en gaz naturel au Cameroun.

 Le constat qui motive la démarche est celui d’une baisse des réserves actuellement exploitées par l’entreprise sur le champ de Logbaba, dans la région du Littoral. Pour y répondre, GDC prévoit d’importer de nouveaux équipements et sollicite un accompagnement institutionnel, notamment sous forme de facilités douanières. GDC inscrit ce projet dans une stratégie de développement durable destinée à garantir un approvisionnement énergétique fiable, à soutenir les activités industrielles et à stimuler la croissance économique du pays.

Cette sollicitation intervient dans un contexte national où la trajectoire du secteur gazier camerounais s’annonce difficile. Le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029, préparé par le ministère des Finances, anticipe une chute de 24,6 % de l’activité pétrolière et gazière en 2027, en lien avec la baisse conjuguée de la production d’huiles brutes et, plus fortement encore, de gaz naturel.

 Le départ programmé en juillet 2026 du navire-usine Hilli Episeyo, seule unité de liquéfaction du pays, prive par ailleurs le Cameroun de sa capacité d’exportation de GNL après huit années d’exploitation au large de Kribi. Si le champ de Logbaba, exploité par GDC, n’est pas directement lié au dispositif du Hilli Episeyo, ce climat de tension sur les réserves nationales de gaz naturel donne un relief particulier à la démarche de l’entreprise auprès de la Douane.

Filiale à 100% de l’entreprise britannique Victoria Oil & Gas (VOG), cotée sur le marché AIM de la Bourse de Londres, Gaz du Cameroun joue depuis près de deux décennies un rôle central dans l’approvisionnement énergétique de Douala. L’entreprise, créée en janvier 2007 sous la dénomination de Rodeo Development Limited par son fondateur Kevin Foo, a investi plusieurs centaines de millions de dollars dans le développement du projet Logbaba, comprenant puits de production, installations et réseau de gazoduc s’étendant sur une cinquantaine de kilomètres jusqu’à la rive de Bonabéri.

 GDC alimente aujourd’hui une trentaine d’entreprises industrielles de la capitale économique, parmi lesquelles des brasseries, des cimentiers et des industries agroalimentaires, qui consomment ensemble environ 150 millions de pieds cubes de gaz par jour selon des données publiées par la direction de l’entreprise. Ce gaz sert à la fois de combustible thermique pour les chaudières et de source d’énergie pour la production électrique de ces industries, qui réduisent ainsi leur dépendance au réseau national et à ses coupures récurrentes.

GDC alimente également le secteur électrique national. L’entreprise fournit du gaz aux centrales thermiques qui soutiennent la production nationale d’électricité, dans une logique de substitution au fioul lourd auparavant utilisé par ces installations. Cette dimension prend un relief particulier alors que l’État camerounais prépare la nationalisation de KPDC, la centrale à gaz de Kribi (216 MW), actuellement exploitée par Globeleq, dans le cadre plus large des mesures destinées à rétablir l’équilibre financier du secteur électrique. Le condensat extrait aux côtés du gaz naturel par GDC est par ailleurs livré à la raffinerie nationale, autre débouché industriel de l’activité de l’entreprise.

Sur le plan de l’exploration, GDC détient 75 % du permis de Matanda, un bloc de 1 235 km² situé dans le prolongement du champ de Logbaba, aux côtés d’Afex Global Limited qui en détient 25%. La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) dispose d’un droit de retour de 25 % après l’octroi d’une éventuelle licence d’exploitation. Ce permis constitue l’un des leviers sur lesquels s’appuie Victoria Oil & Gas pour prolonger la durée de vie de ses réserves camerounaises, dans un contexte où la maison mère britannique a eu recours par le passé à des financements externes, notamment auprès d’institutions comme Meridian Capital, pour soutenir ses campagnes de forage d’exploration.

Face à la sollicitation de GDC, la Douane se montre ouverte à toutes les pistes susceptibles d’œuvrer en faveur de la facilitation des opérations douanières de l’entreprise. GDC est invitée à se rapprocher de la Division de la Législation et du Contentieux (DGD3) ainsi que des services opérationnels, en l’occurrence le Bureau Principal des Douanes Hors Classe de Douala Port IV, pour une approche concertée du traitement douanier des équipements, des matériels spécialisés et des intrants nécessaires à l’exploitation du gaz naturel. Cette approche doit concilier la célérité dans les procédures avec les impératifs de contrôle, de conformité réglementaire et de satisfaction de la demande nationale.

L’Administration des Douanes réaffirme son engagement constant à accompagner les entreprises citoyennes qui contribuent au développement économique du Cameroun, dans le strict respect de la réglementation douanière.

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