Home » Transport routier : le SNTRC dépose un préavis de grève de 14 jours contre l’État

Transport routier : le SNTRC dépose un préavis de grève de 14 jours contre l’État

Tracasseries routières, état des routes, extension du transport pour compte propre, les transporteurs routiers réunis au sein du Syndicat national des transports routiers du Cameroun ont voté à l'unanimité le déclenchement d'un préavis de grève. Sans réponse du gouvernement sous deux semaines, les véhicules seront garés.

by La Rédaction
0 comment

Le Syndicat national des transports routiers du Cameroun (SNTRC) a acté le déclenchement d’un préavis de grève de 14 jours. La décision a été prise le 5 août  à l’unanimité par les transporteurs réunis lors d’une assemblée où plusieurs syndicats étaient représentés, dont la Plateforme et le SYNTRAC. Le président national du SNTRC, Pierre Sime, a présenté ce préavis comme l’aboutissement d’un cycle de négociations resté sans issue.

« J’ai négocié depuis notre réunion du 16. Je ne dors pas. Je suis allé à Yaoundé plus de cinq fois », s’étrangle de colère Pierre Sime, rappelant qu’un délai d’un mois avait été accordé aux autorités pour apporter des réponses aux doléances du secteur. Ce délai est aujourd’hui écoulé. Face à la volonté d’une partie de la base de suspendre immédiatement l’activité, le président du SNTRC a plaidé pour le respect du cadre légal. « D’après la loi, on ne peut pas arrêter comme ça. C’est que c’est une grève sauvage » a rappelé Pierre Sime, avant d’obtenir l’accord des transporteurs pour l’envoi d’un préavis formel à l’État, condition posée par la législation avant tout arrêt de travail. Le code du travail camerounais impose un délai minimal de 8 jours entre le dépôt d’un préavis et le début d’une grève. Le SNTRC a opté pour un délai de 14 jours.

« Le préavis, c’est tout de suite, la convocation d’un préavis de grève pour deux semaines. Si rien n’est fait, nous allons automatiquement, pour 14 jours, nous allons automatiquement garer tous les véhicules », a précisé un des transporteurs mobilisés lors de la réunion.

Les griefs formulés par la profession touchent plusieurs volets de l’activité. Le premier concerne l’extension du transport pour compte propre, pratique par laquelle des entreprises industrielles assurent elles-mêmes l’acheminement de leurs marchandises, sans recourir aux transporteurs professionnels. « Le métier du transporteur est appelé à disparaître », a résumé un transporteur, citant l’exemple d’un fabricant de ciment livrant directement ses produits aux commerçants.

Le président Pierre Sime parle.

Le second grief porte sur les postes de contrôle routier, présentés par les transporteurs comme un dispositif de prélèvements plutôt que de sécurité. « Ils sont là à tort et à travers le long de la route, c’est du commerce », dénonce un transporteur, qui affirme que les agents de la prévention routière justifient ces prélèvements par des comptes à rendre à leur hiérarchie. La suppression pure et simple de ces contrôles est suggérée par Pierre Sime comme une mesure sans coût pour l’État. « Ça ne coûte rien, ça ne fait rien au gouvernement », fait-il valoir.

Le troisième point concerne l’état du réseau routier, présenté comme la cause structurelle des accidents plutôt que la seule responsabilité des chauffeurs. « Sans route, nous allons marcher où, pour rouler ? », s’interroge un transporteur, pointant l’absence de signalisation et de marquage sur les axes. « Les panneaux sont dans la broussaille, tu ne peux pas lire les panneaux. »

Selon le calendrier annoncé, le préavis prend effet immédiatement et court sur 14 jours. Si aucune réponse n’est apportée par les autorités durant cette période, l’immobilisation des véhicules interviendra de façon automatique à l’échéance du délai. Le SNTRC indique rester ouvert à une reprise des échanges avec les services du Premier ministre avant l’expiration du préavis.

You may also like

Leave a Comment

Economie du Cameroun

Bulletin d'Information

Articles Récents

@2022 – Tous Droits Réservés. Conçu et Developpé par DesignItechs