Du 16 au 18 juin 2026, le Caire accueille la troisième édition du programme international de formation « AfCFTA: Its Genesis, Dimensions and Prospects », organisé par la Banque africaine d’import-export, en collaboration avec le Secrétariat de la ZLECAf et The American University in Cairo. Parmi les participants figure Business Facilities Corporation (BFC) Group S.A., groupe camerounais dont la présence à cet événement traduit une stratégie d’ancrage délibéré dans les dynamiques du commerce continental.
Conçu pour doter les entreprises africaines des connaissances et savoir-faire nécessaires pour naviguer dans l’environnement commercial en mutation du continent, le programme cible en particulier les dispositions techniques de l’accord dont la méconnaissance continue de freiner son adoption effective. Dr Yemi Kale, économiste en chef et directeur général de la recherche à Afreximbank, qualifie l’initiative de « plateforme stratégique pour faire progresser l’adoption et approfondir la compréhension de la ZLECAf auprès des acteurs clés, en particulier les entreprises du secteur privé ».
La tenue de ce programme intervient dans un contexte de hausse des flux commerciaux entre pays africains. Selon le rapport African Trade and Economic Outlook 2026 d’Afreximbank, les échanges intra-africains devraient progresser de 10 % en 2026 pour s’établir à 230 milliards de dollars, contre 210 milliards en 2025. Cette dynamique est portée par l’entrée en vigueur du système panafricain de paiement et règlement (PAPSS), qui devrait réduire les coûts de change de 20 à 30 %, la suppression progressive des barrières non tarifaires sur les principaux corridors, et l’adoption du protocole de la ZLECAf sur le commerce numérique. La part du commerce intra-africain dans les échanges globaux du continent devrait atteindre 16 % en 2026, contre une moyenne de 15 % ces dernières années.
Ces avancées restent cependant contrastées. L’Afrique centrale accuse un retard en raison de déficits d’infrastructures, de capacités institutionnelles limitées et de barrières non tarifaires persistantes. C’est précisément dans ce contexte de déséquilibres régionaux que la participation d’opérateurs d’Afrique centrale au programme du Caire prend une signification particulière.
La présence de BFC Group à cet événement est indissociable de la trajectoire de sa directrice générale, Carole Mbessa Elongo. Co-fondatrice et CEO de Business Facilities Corporation Group, elle a imposé la vision du groupe dans des secteurs tels que le pesage, les mines, le transport, la logistique et l’événementiel d’affaires. Le groupe compte aujourd’hui plusieurs filiales, dont certaines au Gabon et au Congo Brazzaville, et génère un chiffre d’affaires de plusieurs millions d’euros par an.
Depuis le 1er mai 2024, Carole Mbessa Elongo assure la direction générale du groupe BFC et préside la filiale Douala Port Weighing Services (DPWS) (Bfclimited), structure en charge de l’exploitation des équipements de pesage dans l’enceinte portuaire de Douala-Bonabéri. Elle siège également au Conseil de direction de l’École Nationale Supérieure Polytechnique du Cameroun à Yaoundé.
En 2025, elle a été récompensée au Forum économique mondial par l’un des prix de l’excellence entrepreneuriale. En décembre 2024, elle a procédé à la signature d’une convention de partenariat avec l’État gabonais portant sur la mise en œuvre et l’exploitation de stations de pesage et de péage routiers dans plusieurs localités du nord du Gabon, confirmant l’ancrage régional du groupe.
Pour BFC Group, la participation au programme d’Afreximbank s’inscrit dans une démarche de positionnement sur les flux du marché unique africain. Le groupe revendique une expertise dans le commerce intra-africain et entend contribuer aux dynamiques d’intégration économique portées par la ZLECAf. Partenaire stratégique de l’Union africaine dans la mise en œuvre de la ZLECAf, Afreximbank a mis en place un fonds d’ajustement de 10 milliards de dollars pour soutenir les pays participant à l’accord. Fin décembre 2025, le total des actifs et engagements de la banque dépassait 48,5 milliards de dollars, et ses fonds propres s’élevaient à 8,4 milliards de dollars. Pour les opérateurs camerounais engagés à l’échelle continentale, maîtriser les mécanismes de la ZLECAf n’est plus une option, c’est un prérequis à la compétitivité sur un marché africain en recomposition.



