Home » Gestion publique : Forêts, mines, douanes et guichet unique ne se parlent pas

Gestion publique : Forêts, mines, douanes et guichet unique ne se parlent pas

Dans son rapport définitif sur le contrôle interne du compte général de l'État pour l'exercice 2024, transmis en septembre 2025 et publié le 19 novembre, la Chambre des comptes de la Cour suprême relève une absence de concordance entre les recettes recensées par ces différentes les administrations.*image générée par l’IA.

by Manuella Nemaleu
0 comment

La loi n° 2018/012 du 11 juillet 2018 portant régime financier de l’État impose la jonction, au projet de loi de règlement, d’un rapport de la juridiction des comptes sur l’exécution du budget et d’une certification de la régularité, de la sincérité et de la fidélité des comptes de l’État. Pour l’exercice 2024, la Chambre des comptes a produit, outre son avis budgétaire déjà commenté dans la presse camerounaise, deux documents distincts liés à la certification, un rapport d’opinion et un rapport définitif sur le contrôle interne. Ce second texte présente la méthodologie d’évaluation employée par la juridiction et détaille les risques susceptibles de compromettre la production d’un compte général de l’État régulier et fidèle.

Parmi les constats relevés, les magistrats de la Chambre des comptes  signalent des discordances entre les recettes déclarées par les administrations sectorielles en charge des forêts, des mines et des douanes d’une part, et les montants enregistrés dans le système du Guichet unique des opérations du commerce extérieur d’autre part. Le Guce centralise les opérations liées aux importations et aux exportations et sert de référence pour le suivi des flux financiers rattachés au commerce extérieur. L’écart relevé entre ces sources signifie que l’administration ne dispose pas, à ce jour, d’un mécanisme de recoupement entre les recettes perçues par les services fiscaux sectoriels et celles transitant par la plateforme numérique censée les tracer.

Ce constat s’ajoute à d’autres lacunes identifiées au ministère des Finances, où le rapport relève des organigrammes jugés inadaptés à la budgétisation par programmes et plusieurs postes clés non pourvus. La Chambre des comptes observe également des insuffisances dans la gestion des immobilisations de l’État et dans le suivi des ressources humaines des services comptables.

Ces éléments complètent le rapport de certification proprement dit, dans lequel la juridiction financière a rendu une opinion défavorable sur le compte général de l’État 2024, fondée notamment sur des soldes de comptes anormaux, l’usage de comptes non conformes à la nomenclature en vigueur et une évaluation incomplète du patrimoine immobilisé de l’État. Le rapport sur le contrôle interne éclaire l’origine administrative de ces anomalies comptables, en identifiant les points de rupture dans la chaîne de collecte et de remontée de l’information financière.

La Chambre des comptes indique qu’un suivi de ces observations est prévu dans le cadre de la campagne de certification 2025, sans préciser de calendrier de mise en conformité pour les administrations concernées. Le rapprochement des données entre les régies sectorielles et le Guce figure parmi les chantiers que la juridiction financière entend suivre dans les prochains exercices, dans un pays où les recettes douanières et minières demeurent une composante du financement du budget de l’État.

You may also like

Leave a Comment

Economie du Cameroun

Bulletin d'Information

Articles Récents

@2022 – Tous Droits Réservés. Conçu et Developpé par DesignItechs