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Samuel  Ngembog : la culture du palmier à huile est très rentable, que SOCAPALM offre des graines pré germées aux jeunes qui ont les terres chez eux mais n’ont pas d’argent

Initiateur du festival international Ngand Biton qui fait la promotion de la culture du palmier à huile, cet acteur économique indique ce qui, de son point de vue, pourrait apporter un plus aux ‘’petits’’ producteurs de cette ressource agroindustrielle.

by La Rédaction
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C’est vous l’initiateur principal du Ngand Biton. Quelle aura été votre motivation pour mettre sur pied cette initiative qui de manière globale permet de se pencher sur la portée de la filière huile de palme ?

C’est une histoire personnelle. Une frustration.  Mon père avait un Groupement d’initiative commune. On achetait des noix de palme pour extraire l’huile, et il se peut qu’après un dur labeur, le prix de départ a été baissé par les acheteurs. C’est-à-dire qu’ils imposaient le prix. Face à nos besoins financiers, on n’a pas pu faire mieux, parce que tous les autres acheteurs qui venaient, c’était le même prix, ils s’étaient organisés. Alors, je me suis dit : « Mais attends, si eux ils sont organisés, pourquoi on n’est pas organisé ? » Donc, cette frustration, j’ai dit : « OK. Un jour, je mettrai sur pied une plateforme qui rémunérerait non seulement les petits producteurs, mais l’ensemble de maillons de la chaîne de valeur, afin que chacun tire son épingle du jeu.

Aujourd’hui, où est-ce qu’on en est au niveau de l’organisation ?

Et aujourd’hui, je vous assure que le chemin est difficile. Le chemin est difficile parce que l’organisation n’est pas une chose facile. Le message passe chez les uns, ça ne passe pas chez les autres. C’est la troisième édition. On s’est dit qu’on va continuer à insister, peut-être avec le temps, le message passerait. Mais au jour d’aujourd’hui, nous sommes déjà à 2000 producteurs répertoriés, il est clair qu’avec les 2000, nous n’allons pas attendre 10 000. Je crois qu’avec 2000, c’est le chiffre déjà bon pour lancer notre plateforme, pour lancer notre association. Donc ici, c’était le lancement de l’Association Nationale des Petits Exploitants. Nous sommes à 2000 déjà.

Le secteur de l’huile de palme connaît une  profonde transmutation. Il y a au moins quatre nouveaux acteurs qui sont arrivés, c’est CAMVERT, Opalm, Sorac qui raffine à Douala, et,  le Groupe Jean Fotso II. A côté de cela, il y a SOCAPALM qui est là avec vous depuis très longtemps. Est-ce qu’il y a objet de crainte au regard de cette ouverture, ou alors confiance ?

Il y a de quoi craindre et assurance, parce que tous  les transformateurs qui étaient déjà, la quantité d’huile ne leur suffisait pas. Quand on s’ajoute, c’est la matière première qui sera fortement demandée, donc c’est une bonne nouvelle pour nous les producteurs. C’est-à-dire que nous serons appelés à produire plus. Les acheteurs ne manquent pas. La crainte, c’est de ne pas être à la hauteur des attentes. Il nous faudra de l’encadrement, en intrants qu’en formation pour plus de rentabilité. Aussi, il y a concurrence, les prix peuvent souvent être très favorables aux producteurs que nous sommes  car les transformateurs ne manqueront pas de nous proposer de bons prix.

Produits Socapalm.

 D’autre part, nous avons des acteurs qui plantent et produisent. C’est une inquiétude, certes relative. Ils peuvent nous éliminer, parce que nous sommes des concurrents sur le secteur commercial. Donc, ils nous font concurrence parce que eux, ils produisent et ils transforment. Donc, il y a une inquiétude de nouveau, où ils peuvent nous éliminer pour rester,  contrôler toute la filière. Donc, c’est une épée de Damoclès qui plane sur les petits producteurs. D’où l’urgence de se mettre ensemble, et nos regards sont tournés vers l’acteur qui a toujours été à nos côtés.

Et donc, s’il fallait passer un message à la SOCAPALM, par exemple, qui fait figure de proue dans le secteur et qui est à vos côtés, est-ce que vous avez encore besoin d’être inquiet ?

Non justement, en ce moment-là, l’inquiétude s’arrête un peu. Mais il faut rappeler que la SOCAPALM me vend une graine pré germée à 850 FCFA. C’est un prix un peu fort pour nous, combien peuvent acheter ? Cela dit, il faudrait, avec l’appui de l’État, s’entendre avec ces partenaires pour mettre le prix de la graine pré germée à la hauteur du petit producteur. C’est vrai que ce que la SOCAPALM livre est de très bonne qualité, mais nous la supplions de prendre en compte nos difficultés.

Vous faites allusion à quoi comme difficultés ?

Nous nous disons que SOCAPALM peut offrir les graines pré germées à ceux qui ont les terres chez eux, aux jeunes qui ont les terres chez eux mais n’ont pas la capacité d’aller acheter les graines pré germées. Ils peuvent les appuyer. Ça, c’est concret. Parce que ce que nous faisons aussi à côté, c’est que nous créons des plantations. Nous sommes déjà à 507 hectares créés en deux éditions. Nous avons nous-mêmes déjà acheté les graines pré germées que nous allons distribuer aux jeunes, parce que nous voulons installer les jeunes dans la culture du palmier à huile. Et nous attendons ces partenariats afin que la SOCAPALM vienne nous ajouter des graines. Si on réussit à donner 100 hectares en termes de graines pré germées aux jeunes, on a augmenté les superficies.

 « La terre nous a appris, Chef de l’État, ne trompe pas. » Est-ce qu’aujourd’hui, vous êtes en train de dire aux jeunes que, écoutez,  la culture du palmier à huile est rentable ?

La culture du palmier à huile est très rentable. Parce que, voyez-vous, contrairement à certaines  cultures qui sont strictement saisonnières, une jeune plantation vous donne de l’huile en toutes saisons, de façon permanente. Vous ne manquez de rien. Vraiment, le palmier à huile nourrit son homme, quelle que soit la baisse des prix, le palmier à huile nourrit son homme. Quand vous avez un hectare, vraiment, on ne peut plus vous appeler pauvre, vous êtes sorti de la pauvreté. Donc, lançons-nous, nous les jeunes, dans la culture de palmier à huile. L’État ne peut pas employer tout le monde. Nous sommes à plus de 30 millions d’habitants, aucun État au monde n’emploie tous les jeunes. Il y a la possibilité de créer nous-mêmes, de devenir des agri-preneurs, de créer nos propres plantations pour, au moins, pouvoir nourrir nos enfants, payer les loyers, les envoyer à l’école. Et avec le palmier à huile, c’est possible.

Ngand Biton 2026

Et la dernière question peut-être, de festival national  Ngand Biton à la première édition à festival international à la troisième édition, qu’est-ce qui a changé ?

Ce qui a changé, c’est le besoin d’aller chercher, le transfert de technologie. Nous nous sommes rendu compte que dans le secteur du palmier à huile, nous avons des géants mondiaux, parce que quand on vous dit que deux pays, l’Indonésie et la Malaisie, produisent à eux tout seuls plus de 90 % de l’huile de palme au monde, ils ont une expertise à transférer. Nous, on a des terres fertiles, mais regardez autour de nous. Alors, nous produisons, c’est vrai, nos champs ne sont pas très rentables. Il nous manque quelque chose, c’est quoi ? C’est l’expertise. L’internationalisation voudrait dire, venez/ allons chercher l’expertise des autres. Et pour faire mieux, pour faire davantage mieux.

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