Le 3 juillet 2026, la première édition des Cocoa Days s’est achevée à Yaoundé par la présentation d’un marché numérique dédié à la traçabilité du cacao camerounais. L’Office national du cacao et du café (ONCC) y a présenté sa plateforme ONCC TRACE, conçue pour suivre les transactions tout au long de la chaîne commerciale. Le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) a mis en avant GEOSHARE, son outil de géoréférencement des exploitations. D’autres solutions, INA TRACE, CamerTrace, Ground Open Foris, Cocoa Deforestation Monitor et Whisp, complètent cet écosystème numérique.
L’enjeu dépasse la modernisation administrative. Ces outils doivent permettre à la filière de répondre au règlement européen sur la déforestation (RDUE), qui conditionnera l’accès des exportateurs au marché européen, premier débouché du cacao camerounais avec 84,62 % des volumes expédiés lors de la campagne écoulée. À la clôture de l’événement, le directeur général de l’ONCC Michael Ndoping, le directeur exécutif de l’Organisation internationale du cacao Michel Arrion, le représentant de l’Institut forestier européen Ghislain Fomou et celui du CICC Essono Messanga ont insisté sur l’interopérabilité des systèmes et la fiabilité de la géolocalisation des parcelles comme conditions de maintien de l’accès aux marchés rémunérateurs.
Ce chantier est resté à l’écart des annonces qui ont dominé l’actualité cette semaine, centrées sur le bilan de la campagne 2025-2026, recettes d’exportation en baisse de 58,8 %, production commercialisée en repli de 19,9 % à 247 914 tonnes, et sur le lancement de la campagne 2026-2027, placé par le Mincommerce sous le signe de la rémunération des producteurs. Le forum national tenu à Yaoundé début août a par ailleurs consacré une session à la volatilité des cours et aux systèmes de commercialisation, avec les interventions d’Eric Tchuenkam pour l’ONCC et d’Omer Maledy pour le CICC, un volet, lui aussi, peu détaillé dans les comptes rendus publiés.
La mise en conformité numérique de la filière intervient dans un calendrier contraint. L’Union européenne a repoussé l’entrée en vigueur du Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE), mais les grands acheteurs internationaux exigent déjà des garanties de traçabilité pour leurs approvisionnements 2026-2027. Pour les planteurs camerounais, la capacité de l’ONCC et du CICC à généraliser ces outils pourrait peser, à moyen terme, autant sur leurs revenus que les mesures de soutien aux prix bord champ actuellement au centre du débat public.
