L’Organisation camerounaise des industries des aciers et métaux (OCITRAM) porte depuis plusieurs mois un plaidoyer pour le raccordement direct de ses membres au réseau national de transport de l’électricité, géré par la Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL), plutôt qu’au réseau de distribution de la Société camerounaise de l’électricité (SOCADEL). Dans un entretien accordé à EcoMatin le 20 juillet 2026, le coordonnateur de l’organisation, Patrice Yantho [photo], également CEO du cabinet JMJ Africa, détaille les fondements de cette position.
Selon les chiffres avancés par ce manager, les besoins cumulés en électricité des sidérurgistes camerounais atteindront 215 MW d’ici 2029, auxquels s’ajoutent les 130 MW d’Alucam. Cette puissance combinée dépassera celle injectée par le barrage de Memve’ele, exploité par Electricity Development Corporation (EDC) et d’une capacité installée de 211 MW, et représentera plus de 80 % de la puissance installée du barrage de Nachtigal. Le coordonnateur de l’OCITRAM situe la contribution financière de la filière, hors Alucam, à environ 41 milliards de FCFA sur la période 2021-2024, et l’estime à environ 102 milliards de FCFA sur 2027-2030.
Il cite également le projet de l’un des membres de l’organisation, en négociation avec l’État, portant sur la construction d’un complexe de transformation du concentré de fer issu des mines camerounaises. À terme, cette installation consommerait 300 millions de mètres cubes de gaz par an, soit 10 % de la production nationale, ainsi que 100 MW d’électricité au port de Kribi.
