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Dialogue social : à Douala le sénateur Manga Zang réclame justice économique pour le Centre-Sud-Est, Mbassa Ndine répond chantier par chantier

À la résidence du puissant créateur de richesse James Onobiono, la communauté Centre-Sud-Est a remis sur la table un dossier de doléances vieux de quatre ans. Emploi des jeunes, marchés publics, voirie : le maire de Douala égrène les chiffres de sa riposte.

by EDC
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La cour de la résidence de l’industriel James Onobiono ne désemplit pas en cet après-midi du 25 juin. Sous des tentes, chefs traditionnels en tenue traditionnelle, responsables communaux et caméras de télévision se pressent autour du maire Roger Mbassa Ndine, venu pour la deuxième fois en quatre ans rencontrer les ressortissants du Centre, du Sud et de l’Est installés à Douala. Applaudissements, accolades, poignées de main appuyées, le protocole traditionnel précède l’échange politique.

Le maitre de céans cède rapidement la parole au sénateur Manga Zang, désigné pour porter le message. Le ton se durcit dès les premières phrases. Le sénateur rappelle que la communauté soutient depuis toujours la stabilité politique de la ville et contribue à sa vitalité électorale, avant d’évoquer une préoccupation majeure : les sacrifices et la fidélité de la communauté ne trouvent pas, au sein de la CRD, la reconnaissance et les retombées qu’elle mérite.

Le sénateur dresse un bilan depuis la précédente rencontre, tenue à Bonapriso en 2022. Des engagements clairs avaient alors été pris sur l’insertion professionnelle des jeunes et l’accès équitable aux espaces commerciaux, sans suite. Il cite le recrutement récent de la CRD : les enfants de la communauté ont postulé avec espoir, mais ont été écartés presque systématiquement. Sur les marchés publics, il demande une juste part de la commande publique en reconnaissance de leurs engagements et de leur loyauté pour les opérateurs économiques de la communauté. Le constat s’étend à l’aménagement urbain, les quartiers à forte présence Centre-Sud-Est souffrent de routes dégradées, de caniveaux non curés et d’un éclairage public insuffisant.

Le sénateur referme son intervention sur un avertissement politique. La fidélité au président Paul Biya et au RDPC est indéfectible, mais elle ne saurait se maintenir sans reconnaissance et sans actes. Il martèle quatre exigences : emploi des jeunes, valorisation des cadres, accès au marché public, aménagement territorial. La communauté ne réclame pas des privilèges, mais la justice et l’équité.

Roger Mbassa Ndine prend le micro avec une posture d’apaisement assumée. Il situe la rencontre dans la continuité d’une méthode engagée depuis sa prise de fonction. Son action s’inscrit dans ce qu’il appelle la gouvernance participative, une gouvernance qui part du principe qu’une ville comme Douala ne saurait être gouvernée sans la participation de ses principales composantes sociologiques, complétée par une gouvernance concertée avec les élus locaux.

Sur le fond des doléances, le maire refuse l’idée d’un bilan vide. Il ne souhaite pas que s’installe l’impression que rien n’a été fait, tout en reconnaissant que tout n’a pas pu être réalisé. Il conteste en revanche la lecture territoriale faite par le sénateur : il dit ne pas avoir l’impression que des quartiers entiers soient occupés exclusivement par les ressortissants du Centre, du Sud et de l’Est, estimant que Douala fonctionne comme un carrefour où aucun arrondissement ne peut se dire oublié. Il cite en exemple l’installation récente de 80 lampadaires solaires dans un secteur visé par les critiques.

Sur la voirie, le maire détaille un calendrier précis. Un marché de 18 milliards de francs CFA portant sur une douzaine de kilomètres de route accompagnant le BRT sera signé dans les trois semaines. Une seconde tranche de près de 80 milliards concernera la réhabilitation de 60 à 70 kilomètres supplémentaires. Il justifie l’absence de travaux lourds sur certains axes par une volonté de ne pas engager de chantiers appelés à être repris peu après, préférant un entretien d’attente le temps que démarrent les travaux structurants.

Le maire conclut sur un registre personnel, en phase avec le code de franchise revendiqué par ses hôtes. Il affirme se sentir chez lui parmi cette communauté et invite à un échange franc, signalant sa disponibilité à répondre point par point aux doléances formulées, y compris sur les dossiers les plus techniques.

L’échange illustre la méthode revendiquée par l’exécutif communal. Une série de rencontres communautaires destinées à recueillir les attentes des populations installées à Douala et à présenter les projets structurants de la ville, avant d’être étendue aux autres communautés de la capitale économique.

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