C’est avec faste et solennité que se déroulait, le 26 février dernier à Yaoundé, la cérémonie officielle de lancement du projet Kribi Export Industrial City (KEIC). Devant des représentants d’organisations internationales, de partenaires au développement et d’opérateurs économiques nationaux, le Directeur général du Port autonome de Kribi (PAK), Patrice Melom, a exposé l’ambition d’une infrastructure conçue pour les grandes capacités et les échanges internationaux. Derrière la solennité du protocole, c’est une réalité chiffrée de première importance qui se dévoile. Avec 350 milliards de FCFA de recettes douanières générées chaque année, le Port de Kribi est devenu, en l’espace d’une décennie, l’un des principaux pourvoyeurs de ressources fiscales de l’État camerounais.
« Le positionnement de Kribi comme premier port à conteneurs du pays transforme la dynamique économique nationale. »
Cette performance ne relève pas du hasard. Elle est le fruit d’une stratégie d’investissement massif évalué à plus de 521 millions de dollars, engagé en vue de transformer le potentiel naturel du site en capacité opérationnelle de premier rang. La progression du port repose sur des équipements de nouvelle génération adaptés aux standards internationaux. Terminaux portuaires à grande taille, accès modernisés, procédures douanières numérisées. Les services des douanes jouent un rôle central dans ce dispositif, en sécurisant les flux et en optimisant la collecte des recettes. C’est précisément cette efficacité administrative qui explique le volume de 350 milliards de FCFA reversés aux caisses de l’État, un montant qui illustre l’intégration croissante du port dans les chaînes de valeur régionales et internationales.
Au-delà de la seule fiscalité, le Port de Kribi s’affirme comme un maillon structurant de l’économie camerounaise. Son positionnement dans le Golfe de Guinée lui confère une dimension stratégique qui dépasse les frontières nationales. Il constitue un point d’ancrage pour le commerce extérieur, un moteur de compétitivité pour les opérateurs économiques nationaux et un vecteur d’attraction pour les investisseurs étrangers. La réduction des coûts logistiques, des délais d’acheminement et la fluidité du trafic conteneurisé renforcent sa vocation de hub logistique régional. « Kribi s’impose comme un mécanisme structurant de l’économie camerounaise, capable d’influencer durablement les flux commerciaux et de positionner le pays sur les standards internationaux de compétitivité », se félicite le Directeur général du PAK.

C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet Kribi Export Industrial City. En combinant performance financière, innovation logistique et attractivité croissante, le port ambitionne de transformer localement les ressources naturelles du Cameroun, de renforcer les exportations et d’intégrer pleinement le pays aux échanges maritimes internationaux. Le Directeur général a rappelé que l’objectif est de considérer le Cameroun non seulement comme un couloir de transit, mais comme un pays producteur et exportateur de biens à forte valeur ajoutée. À terme, le projet vise à faire de Kribi un hub régional de référence dans le Golfe de Guinée.
La modernisation des procédures douanières et l’amélioration continue du traitement des marchandises garantissent la traçabilité et la transparence des opérations, renforçant ainsi la confiance des investisseurs. En sécurisant les flux et en optimisant la collecte des recettes, Kribi s’affirme aussi comme un instrument de financement public. La montée en efficacité du système douanier renforce la capacité de l’État à capter les revenus du commerce international. Les projets d’extension en cours viennent consolider cette trajectoire, élargissant le rôle du port et confirmant sa vocation à peser durablement sur les agrégats budgétaires nationaux.



