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Reconfiguration capitalistique : la cession entre Tiger Brands et Minkama Capital comme elle va, pour l’avenir de Chococam

Cinq mois après la signature de l'accord de cession entre Tiger Brands et Minkama Capital, la transaction entre dans une phase réglementaire décisive.

by EDC
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Le 20 avril 2026, autour du ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, cédants sud-africains et repreneur camerounais ont ajusté ensemble le calendrier de conchage de cette opération industrielle et financière de grande envergure. La pâte est en cours de travail, mais la tablette finale n’est pas encore moulée.

 En effet, actée le 10 novembre 2025, la cession des actifs détenus par le groupe sud-africain Tiger Brands au sein de la Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam) au fonds d’investissement camerounais Minkama Capital se poursuit, cinq mois après la signature de l’accord. Pour faire avancer la recette, une rencontre s’est tenue le 20 avril 2026 à Yaoundé, réunissant, autour du ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, les deux parties prenantes de cette opération qui redessine la carte de la chocolaterie industrielle en Afrique centrale.

La partie sud-africaine était conduite par Mandla Langa, Haut-Commissaire d’Afrique du Sud au Cameroun, flanqué de Tjaart Kruger et Thushen Govender, respectivement Directeur général et Directeur financier du groupe agroalimentaire Tiger Brands. Face à eux, Fabrice Ndjodo, promoteur de Minkama Capital, représentait la partie camerounaise. Un tour de table qui, au-delà du protocole diplomatique, traduit le sérieux d’une transaction impliquant le contrôle de l’un des outils industriels de transformation du cacao les plus structurants du pays.

L’audience a permis d’examiner les étapes à franchir dans les prochains jours telles l’approbation de la Commission de la concurrence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), les autorisations de contrôle des changes, ainsi que la délivrance des quitus fiscaux en faveur de Chococam et de Tiger Brands. Autant d’ingrédients réglementaires sans lesquels aucune reconfiguration capitalistique ne saurait atteindre le stade du décristallisation finale. Ce sont précisément ces démarches que les parties entendent coordonner, en s’accordant sur un calendrier de réalisation opérationnel.

 Passage de flambeau industriel

C’est en 2009 que Tiger Brands avait acquis 74,9 % du capital de Chococam, s’imposant comme actionnaire majoritaire de cette unité de transformation. Seize ans plus tard, le groupe de Johannesburg passe la main. Fabrice Ndjodo, le repreneur, table sur un passage de flambeau apaisé, afin de préserver les acquis opérationnels et industriels de Chococam : emplois, contrats, capital, investissements, siège social.

Du côté de Johannesburg, le sentiment est celui d’une transmission maîtrisée vers un opérateur ancré dans les réalités du marché local. Tiger Brands est persuadé que Minkama Capital dispose des atouts nécessaires pour consolider les acquis, remobiliser les employés, renforcer la chaîne de valeur cacaoyère et repositionner l’entreprise dans une nouvelle phase de développement.

L’enjeu dépasse la simple mutation actionnariale. Il s’agit, en réalité, d’un projet de transformation structurelle de la filière chocolatière nationale. Selon une source proche du dossier, l’opération s’inscrit dans la vision portée par le Chef de l’État à savoir,  faire du cacao non plus une matière première exportée brute, mais le socle d’une industrie nationale à forte valeur ajoutée, capable de générer de la richesse, de l’emploi et de la compétitivité au bénéfice des Camerounais eux-mêmes.

Luc Mbarga Atangana a rappelé le cadre souverain dans lequel s’inscrit l’opération. Le Cameroun entend peser sur les conditions dans lesquelles son tissu industriel évolue, et veille à ce que les reconfigurations capitalistiques des entreprises opérant sur son sol respectent scrupuleusement le cadre juridique national et sous-régional, a-t-il conclu.

Il reste désormais à obtenir les feux verts des instances compétentes pour que Chococam, fleuron de la confiserie et de la chocolaterie camerounaise, achève sa mue et entre dans une ère pleinement nationale. Le conchage réglementaire est en cours. La tablette finale se fait attendre.

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